La légende des Sept Dormants
mercredi 14 janvier 2004

par Les Baladins de la Tradition


Il y a plusieurs versions de la légende des Sept Dormants, celle que nous proposons ici a été rédigée à partir de la version d’Ibn Abbas.

Au nom de Dieu, celui qui fait miséricorde, Le Miséricordieux, le Dieu Très Haut a dit : " As-tu remarqué que les compagnons de la caverne et de la tablette constituèrent parmi nos signes un prodige ? Lorsque les jeunes gens se réfugièrent dans la Caverne, ils dirent : Notre Seigneur, prodigue nous de ta part miséricorde et prépare nous droiture dans notre sort. "

On posa cette question à Ibn Abbas : "Quel est dans le Qoran le signe le plus merveilleux ?" Alors il récita : " As-tu remarqué que les compagnons de la Caverne et de la tablette constituèrent parmi nos signes un prodige ? "

Et il raconta :
Dans l’ancien temps, il y avait une ville appelée " Afsus " ancienne Ephèse. Son roi s’appelait Dèce, il se prétendait être la divinité et opprimait les gens.

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L’empereur Decius

Par son oncle maternel, il avait six cousins : le 1er Talimkhà, le 2ème Maksilminà, le 3ème Nurksinà, le 4ème Iliaùs, le 5ème Qartanùs, le 6ème Qastahinà et leur chien dont le nom était Qitmir.

Un jour Talimkhà, en plein milieu de la nuit regarda le ciel couvert d’étoiles, il réveilla ses frères et leur demanda : "Qui adorez-vous ?" Tous répondirent : " Le roi Dèce ". Il leur demanda alors, "Mais ce ciel, ces étoiles, cette terre qui les a créés, qui a rempli les mers, fait couler les rivières ?" et il leur dit : "Le Dieu qui a créé tout cela est plus puissant et plus fort que le roi Dèce. C’est le Dieu de Moïse et des prophètes antérieurs à lui".

Ils répondirent : " Oui, mais nous avons peur pour nous-mêmes et pour nos biens de ce roi oppresseur. " Il reprit " Au fond nous adorons le Dieu du ciel la nuit et nous servons le roi Dèce le jour. " Alors, ils se prosternèrent et demeurèrent agenouillés toute la nuit.

Iblis, le diable, le sut et les épia dans le culte qu’ils rendaient à Dieu et dans le rejet du culte des idoles et de l’impiété. Il alla trouver le roi Dèce et lui dit : " Tamlikhà et ses frères mangent vos ressources et adorent un autre dieu que lui. " Le roi Dèce ordonne qu’on les lui amène et leur demande " Qui adorez vous ? " Ils disent adorer celui qui les habille, les nourrit et les guérit. Le roi Dèce reprit : " Ils disent vrai, c’est moi qui les nourrit, leur donne à boire et les habille. " Le jour suivant, Iblis le maudit, entra chez Dèce et lui dit : " Ils adorent une divinité qui s’appelle Dieu. Pour savoir la vérité, faites les jurer par le Dieu qu’ils adorent.

Interrogés, Tamlikhà répond au roi : " Insensé, est-ce vous qui avez étendu cette terre, créé le ciel, rempli les mers et affermi ces montagnes " et ajoute : " Nous adorons celui qui a créé tout cela, vous et aucun autre n’êtes capable de tout cela ". Courroucé, le roi Dèce ordonne de leur lier les mains, de leur attacher les pieds et de les jeter en prison. Lors d’une fête officielle, le roi Dèce et tout son royaume, petits et grands, avaient quitté la ville pour 7 jours et fait fermer les portes avec des chaînes , alors que Tamlikhà et ses frères étaient toujours en prison, l’ange Gabriel avec son frère Michel lui apparut et lui indiqua un stratagème pour sortir de la ville. Après s’être fait ouvrir les portes de la prison par la ruse, Tamlikhà fit confectionner par un orfèvre un sceptre d’or et une boule d’argent pour chacun d’eux. Tamlikhà frappa la boule d’argent avec le sceptre d’or et les portes de la ville s’ouvrirent avec la permission du Très Haut et la boule qui roulait parterre devant eux les guida vers les montagnes.

Alors qu’ils approchaient de la montagne, ils rencontrèrent un berger avec son chien. Ils lui racontèrent tout depuis le début, rassurés par l’attitude du berger qui leur dit : " Je m’enfuis vers l’endroit où vous vous enfuiez et j’adore ce que vous adorez. Ils partirent ensemble, le chien suivant son maître.

Le berger leur dit qu’il tenait à la compagnie du chien qui se prosternait en même temps et place que lui. Tamlikhà voulait chasser le chien craignant d’être repérés à cause de lui. Quand soudain, le Dieu Très Haut ordonna au chien de parler dans une langue éloquente : " Il n’y a de divinité que Dieu et il ne tolère aucun associé à lui-même. Hé, les jeunes ! Au nom de ce qui vous fait fuir ne me chasser pas. Moi, je le connais bien avant vous ! et à vous suivre, je ne suis pas malheureux. "

A cause de la parole du chien, le groupe augmenta son obéissance et son ascèse. En effet, il est dit dans le Qoran : " Nous avons développé leur rectitude. Ils reprirent leur marche et s’arrêtèrent pour se rassasier dans une prairie au pied d’un arbre immense où coulait une source à laquelle le berger emplit une outre.

Ils gravirent la montagne, la chaleur était très forte et le chemin très difficile. Ils arrivèrent jusqu’à une caverne où ils s’abritèrent de la chaleur pour un moment et Dieu fit tomber sur eux le sommeil et ils s’endormirent. Alors le chien étendit ses pattes de devant sur le sol à l’entrée de la caverne et il s’endormit aussi.

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Caverne des Sept Dormants d’Ephèse

Le roi Dèce de retour à la ville lança ses troupes à leur suite. Elles arrivèrent prés de la caverne et s’avançant pour l’inspecter, ils virent alors le chien à l’entrée qui étendait ses pattes de devant. Le Dieu Très Haut suscita dans le cœur du roi et de ceux qui l’accompagnaient une sorte de crainte révérencielle. Ils prirent grande peur de ce qu’ils voyaient, ils firent demi-tour.

Le roi et ses ministres ayant vu Tamlikhà et ses frères endormis dans la caverne ; et seulement vêtus de robes de laine au lieu de brocards de soie ne voulurent les punir davantage et dirent : " Ils ont délaissé nourriture délicieuse, habits doux et boisson fraîche ; ils ont préféré cela plutôt que de rester avec nous. " Ils retournèrent à la ville.

Le roi Dèce vécut encore 103 ans et cent ans plus tard Dieu envoya Jésus fils de Marie. Ses habitants accueillirent la foi et il leur désigna un roi. Or Dieu avait envoyé sur Tamlikhà et ses frères un sommeil de 309 ans, les confiant à un royaume d’anges pour les retourner tantôt à droite tantôt à gauche alors que le chien étendait ses pattes de devant pour lui servir d’oreiller. Lorsque Dieu les réveilla de leur sommeil, ils s’interrogèrent et ne virent que peu de différence à la hauteur du soleil et le berger aucune différence dans la quantité d’eau dans l’outre. Ils dirent nous sommes restés là qu’un jour ou une partie d’un jour. Tamlikhà ayant avec lui quelques pièces de monnaie, tous ayant très faim ils lui demandèrent d’aller chercher à la ville, sans se faire reconnaître, quelque nourriture. Ce qu’il accepta.

Tamlikhà sortit et rejoignant la prairie fut surpris de ne retrouver aucune trace du grand arbre et de la source. S’étant étonné de ne plus reconnaître le pays, croisant un berger il l’interroge sur le retour du roi Dèce de la fête. Celui-ci fort étonné lui dit : " Par Jésus fils de Marie, je ne connais pas ce nom dont vous parlez ." Posant de nouveau sa question à deux vieux hommes, il s’entend demander s’il dort ou s’il est réveillé. Aucun d’eux n’ayant jamais entendu parler du roi Dèce. Après les avoir quittés, il arriva à une porte de la ville. Or il était écrit dessus le fronton : " Il n’y a de divinité que Dieu et Jésus est son messager " Il en fut surpris et pénétra dans la ville.

Il rentra dans une boulangerie et voulu payer avec sa monnaie frappée à l’effigie du roi Dèce.

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Monnaie de l’Empereur Decius

Le boulanger demanda à Tamlikhà d’où il tenait cette monnaie n’ayant jamais entendu prononcer le nom du roi Dèce.

Conduit chez le juge puis avec lui chez le roi, Tamlikhà persiste à dire qu’il est sorti " hier de la ville alors que tous utilisaient cette monnaie. " On lui demanda s’il a trouvé un trésor et pourquoi étant sorti hier de la ville, il n ’y reconnaît personne. "J’y reconnaîtrai dit Tamlikhà ma famille, mes voisins, ma femme et ma maison."

Le roi s’embarque alors avec le juge et tous les gens de la ville derrière lui à travers les rues, mais il ne reconnaissait pas le chemin de sa maison et il en était stupéfait.

Tamlikhà regarda le ciel et fit cette invocation : " O Dieu des cieux et de la terre, montre-moi ma maison. " Le Dieu Très Haut inspira à Gabriel ceci. " Descend auprès de Tamlikhà sous la figure de ses voisins. Gabriel descendit donc et se dressant devant Tamlikhà lui montra sa maison. Tamlikhà la désigna alors au roi qui fit sortir le propriétaire et lui dit : " Vieillard ce jeune homme prétend que c’est sa maison. "

Celui-ci répond qu’il a hérité de son grand père sa maison et que personne ne lui a jamais disputé sa maison. Tamlikhà prié d’expliquer ce qu’il en est de son insistance dit qu’il y a au milieu de la maison deux pierres creusées contenant l’une de l’or, l’autre de l’argent à l’effigie de Dèce. Le roi ordonna de faire les recherches et Tamlikhà ayant découvert les pierres, le roi lui reconnaît un droit supérieur au vieillard. Celui-ci tend alors la main vers une boîte en or contenant un livre ancien en hébreu contant l’histoire de Tamlikhà fuyant le roi Dèce avec ses frères et le montrant le reconnaît comme étant le grand père de son grand père.

Tous alors accompagnent Tamlikhà à la caverne. Tamlikhà entre seul pour retrouver ses frères et il leur dit qu’ils sont restés 309 ans à dormir et que s’ils veulent sortir tout le monde les montrera du doigt. Ils répondirent : " Qu’on en rajoute plus. " Invoquant alors le Dieu Très Haut pour qu’il reprenne leurs âmes à cette heure même. Ils levèrent les mains et invoquèrent le Dieu Très Haut. Il prit leurs âmes et ils moururent jusqu’au dernier.

Devant leur retard, le roi entra et les trouva morts jusqu’au dernier. Il pleura à chaudes larmes. Puis les ayant fait envelopper dans des habits de brocard et placer dans des cercueils d’or, cette nuit-là, il s’endormit à la caverne. Il les vit alors en rêve qui lui disaient : " O roi nous ne désirons rien d’autre que le coton et la poussière. "

Il ordonna alors qu’ils soient enlevés de ces cercueils, enveloppés dans du coton et ensevelis dans la poussière. Il construisit sur eux une mosquée dans laquelle on prie encore maintenant. Quiconque a une demande à faire va dans leur mosquée : Ils invoquent eux-mêmes le Dieu Très haut, Ô combien aimable, et le Dieu Très Haut exauce sa demande avec leur bénédiction.

Ici se termine ce qui nous est parvenu sur l’histoire des gens de la caverne. (Récit rédigé à partir du texte d’Ibn Abbas.)

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Notons que les "Sept Dormants d’Ephèse" sont fêtés par l’Eglise catholique le 27 juillet et par les Orthodoxes le 4 août.

La première illustration de cet article provient du site : http://jm.saliege.com/, les suivantes des sites : http://www.hp.uab.edu/, et http://home.golden.net/.

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La légende des Sept Dormants
16 mars 2012, par CV

Un article qui éclaire le prophétisme islamique dont le commentaire est louable également.J’avais découvert cette légende des 7 dormants à travers un roman d’Alain Santacreu "Les sept fils du Derviche" :
"Quand un homme meurt, disent les Upanishad, sa parole se résorbe dans le sens intérieur. Cette saveur inconnue d’un post-mortem de la parole humaine, Les Sept Fils du Derviche, nous la restitue dans la tradition retrouvée d’un grand récit visionnaire. L’action du roman d’Alain Santacreu se passe à Toulouse, à Istanbul et en Asie Mineure, ce qui nous vaut des évocations de ces trois hauts-lieux prédestinés qui sont autant d’invocations en dédoublement par l’écriture. Car ce roman est avant tout une expérience personnelle des gouffres intimes de l’auto-dépassement... Mais c’est la correspondance opérative occulte des deux cavernes aux Sept Dormants - celle d’Ephèse en Asie mineure et celle qui se trouve dans " un certain lieu en France ", en Occident - qui constitue à la fois le sujet profond du roman d’Alain Santacreu, et le dernier acte de la grande liturgie apocalyptique de l’heure présente en cours d’achèvement."
Cet auteur a dirigé la publication d’un très beau livre paru chez L’Harmattan. "Du religieux dans l’Art" . Très peu de lecteurs le liront, pourquoi pas vous ? Voir sur le site contrelittérature
http://talvera.hautetfort.com/qui comporte aussi un article sur le livre de Jacques de Guillebon consacré à Frédéric Ozanam : La cause des pauvres. Les sept dormants ici ne sont plus endormis puisque
"Le 23 avril 1833, ce sont sept jeunes gens qui se mettent au service de Sœur Rosalie Rendu, et qui fondent, au 3, rue de l’Épée-de-Bois, la première Réunion de Charité. Visite des pauvres à domicile, soutien matériel et moral, amour du prochain en actes : les Conférences Saint-Vincent-de-Paul sont nées !" Douze ans plus tard ils seront près de dix mille membres, dans cent trente trois villes ; et cette confrérie s’est établie en Angleterre, en Écosse, en Irlande, en Belgique, en Italie ». Voilà l’émergence des Frères de la Consolation que Balzac avait imaginé et que nous cherchons encore.


La légende des Sept Dormants
4 avril 2008, par IMA

Voici bien des précisions sur le contexte de cette Sourate et sur le sens de cette histoire :
Assalam alaykoum wa rahmatoullah wa barakatouh

Bismillah Er Rahmane Er Rahime

Nom

Cette sourate tire son nom du verset 9 dans lequel apparaît ce mot : « Te rends-tu compte que les Gens de la Caverne et d’Ar-Raqîm constituaient une merveille d’entre Nos signes ? »

Période de révélation

Il s’agit de la première sourate qui fut révélée au cours de la troisième partie de la période mecquoise. Nous avons en effet déjà distingué quatre parties dans la période mecquoise, dans l’introduction de l’exégèse de la sourate 6, Al-An`âm, les Bestiaux. La troisième partie s’est étendue entre la cinquième et la dixième année de prophétie. La spécificité de cette troisième partie peut être mieux appréhendée si on la compare avec les deuxième et quatrième parties. Au cours de la deuxième partie, les Quraysh s’en sont principalement tenus à des railleries, moqueries, humiliations, menaces, tentations, récusations et propagandes mensongères à l’encontre du Prophète et des Compagnons. Leur but était d’étouffer le mouvement islamique naissant.

Mais durant la troisième partie, à cette même fin, les Quraysh employèrent la persécution, la brutalité et les pressions économiques à un degré tel qu’un grand nombre de musulmans durent, pour rester en vie, quitter la Mecque et émigrer en Abyssinie. Quant à ceux qui restèrent, ils furent malmenés, isolés et confinés dans le vallon de Abû Tâlib (oncle du Prophète) en compagnie du Prophète et de sa famille. Comble de la misère, un boycott total, tant social qu’économique, fut décrété à leur encontre. Le seul élément positif était la présence, parmi les musulmans, de l’épouse du Prophète, Khadîjah, et de Abû Tâlib (qui n’était pas musulman), dont l’influence suffit à gagner le soutien de deux grandes familles des Quraysh. C’est à la mort de ces deux soutiens, au cours de la dixième année de la mission prophétique que la quatrième partie de la période mecquoise commence, avec son cortège de persécutions drastiques qui ont conduit le Prophète et tous ses Compagnons à quitter la !
Mecque.

Le sujet de cette sourate semble montrer qu’elle fut révélée au début de la troisième partie de la période mecquoise, le départ pour l’Abyssinie n’ayant pas encore eu lieu, malgré les persécutions déjà importantes. Ceci explique pourquoi l’histoire des Gens de la Caverne (ashâb al-kahf) a pu apporter un réconfort et un encouragement aux musulmans persécutés. Les musulmans avaient là un bel exemple de croyants qui jadis avaient œuvré pour sauver leur foi coûte que coûte.

Thème traité

Cette sourate fut révélée en réponse à trois questions par lesquelles les polythéistes mecquois, en connivence avec les Gens du Livre (Juifs et dans une certaine mesure Chrétiens) entreprirent de tester le Prophète. Les questions étaient les suivantes :

Qui furent les "Gens de la Caverne" ?
Quelle est l’authentique histoire d’Al-Khadir ?
Que sais-tu de Dhû Al-Qarnayn ?
Etant donné que les histoires dont il est question relèvent des traditions chrétienne et juive, inconnues dans le territoire du Hijâz (c’est à dire la Mecque et ses environs), elles constituaient pour les Quraysh une excellente occasion de voir si le Prophète avait bien accès au monde du de l’Inconnu (ghayb) ou pas. Allâh, cependant, donna non seulement une réponse complète à leurs questions, mais surtout souligna le parallèle entre ces histoires et les défauts des opposants à l’Islam dans le conflit qui opposait, à la Mecque, la foi et l’incrédulité.

Au sujet des Gens de la Caverne, Allâh répondit que ces gens avaient foi dans le même dogme monothéiste que celui qui est présenté dans le Coran et que les conditions dans lesquelles ces gens vivaient correspondaient trait pour trait à celle des musulmans persécutés à la Mecque. D’autre part, ceux qui persécutaient les Gens de la Caverne agissaient de la même manière que les persécuteurs qurayshites. En outre, les musulmans ont appris de cette sourate que tout croyant qui serait persécuté dans une société cruelle ne devait pas céder devant le mensonge mais s’exiler, même seul, en ne comptant que sur Allâh. Cette sourate fut l’occasion également de souligner, pour les mécréants mecquois, que cette histoire des Gens de la Caverne constituait une preuve suffisante de l’existence de l’au-delà, car elle montre qu’Allâh a le pouvoir de ressusciter qui il veut, même après une longue mort comme ce fut le cas des Gens de la Caverne.

Cette histoire a également permis de mettre en garde les notables de la Mecque qui persécutaient la jeune et peu nombreuse communauté musulmane. Elle fut également l’occasion d’informer le Prophète qu’il ne devrait en aucun cas négocier avec les persécuteurs ni leur accorder plus d’importance que ses partisans pauvres. Ensuite, ce fut l’occasion d’exhorter ces notables à cesser de ne faire que profiter des plaisirs éphémères de cette courte vie et à rechercher plutôt les plaisirs éternels de l’au-delà.

L’histoire d’Al-Khadir et Moïse a permis à la fois de répondre aux mécréants et de conforter les croyants. La morale de cette histoire est la suivante : "Vous devriez avoir une Foi totale dans la Sagesse de ce qu’Allâh a décidé qu’il vous arriverait. La réalité ne vous est pas perceptible et vous ne savez comment comprendre cette sagesse. Parfois, alors qu’il semble que les événements vous sont défavorables, vous geignez « Comment cela a-t-il pu se passer ? Pourquoi subissons-nous tout cela ? » En réalité, s’il vous était donné d’appréhender ce qui se passe véritablement, vous vous apercevriez combien ce qui vous arrive est la meilleure chose possible. Même si parfois, une chose semble vous être défavorable, vous verriez qu’en définitive elle s’avère être un bien pour vous."

Le même enseignement peut être tiré de l’histoire de Dhâ Al-Qarnayn. Allâh, avec cette histoire, sermonne les mécréants inquisiteurs pour leur dire « Ô vous, notables orgueilleux de la Mecque ! Tirez leçons de cette histoire ! Bien qu’il fût un grand souverain, un grand conquérant et qu’il possédât de nombreux biens, il n’a eu de cesse de se soumettre à son Créateur. Mais vous, vous vous rebellez contre Lui, alors que vous n’êtes rien comparés à Dhû Al-Qarnayn. D’autre part, il n’a pas mis sa réelle confiance dans le mur de protection, très solidement bâti, mais bien en Allâh ! Il était convaincu que ce mur le protégerait contre ses ennemis tant que telle serait la volonté d’Allâh mais qu’il s’effondrerait, si solide qu’il fût, quand telle sera la Volonté de Dieu. Mais vous qui ne possédez en comparaison que d’insignifiantes demeures fortifiées, vous vous croyez pourtant à l’abri permanent de toutes calamités. »

Alors que le Coran est venu retourner la situation contre ceux-là même qui tentaient de piéger le Prophète, à la fin de la sourate, Allâh conclut comme il avait commencé : « L’unicité du Créateur et l’au-delà sont des vérités absolues. Pour votre propre bien, vous devez y croire, vous conformer à ce qu’elles impliquent dans votre vie, et agir avec la conviction que vous rendrez des comptes à Allâh. Si vous ne vous conformez pas, vous gâcherez votre vie d’ici-bas et tout ce que vous ferez sera perdu ».

Source : http://www.islamophile.org/spip/Sou...


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