"C’est lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre ; cette oeuvre terminée, il se porta vers le ciel et en forma SEPT cieux, lui qui s’entend en toutes choses." (Coran II, 27)


La cueillette du gui
au 6e jour de la lune de décembre
vendredi 17 décembre 2004

par Guibô


Les Celtes et, en particulier, la classe sacerdotale des druides connaissaient les différentes vertus et qualités des plantes, le gui était l’une d’entre elles.

Le gui apparaît sous un double aspect, médicinal et symbolique. Certains auteurs et chercheurs admettent que cette plante existait déjà en des temps antédiluviens et qu’il est étonnant de constater que ce végétal qui n’a pas de racine (évoquant ainsi les débuts de la vie sur terre) a su s’adapter et participer à l’évolution de la planète et ainsi traverser le temps jusqu’à nous. Nous avons là un symbole d’immortalité et d’éternité qui n’échappait pas aux Celtes, partisans de la transmigration des âmes.

Le gui est souvent associé au chêne (il s’agit en fait une espèce très rare de chêne blanc, et il est très difficile de nos jours de trouver du "gui de chêne"), au pommier ou au peuplier. Le chêne est connu comme l’arbre des druides et symbolise la force, par la puissance du savoir et la connaissance acquise. Cet arbre est donc considéré comme une divinité et par voie de conséquence, le gui se nourrissant de sa sève/sang, force vitale, devient lui aussi sacré. Voilà comme le souligne J. Markale un aspect eucharistique et christique avant la lettre, donner la vie éternelle par le don et le partage de l’énergie divine. Notons toutefois que le gui se nourrit tout autant des rayons solaires que de l’arbre dont il est l’hôte. Cela lui confère des vertus thérapeutiques, connues et utilisées par les druides.

Chez les celtes gallois, il est désigné comme Oll-iach, la plante qui guérit tout, de même chez les irlandais qui la nomment aussi Uileiceadh et les Bretons Uhelvarr. Chez les celtes de la région de Vannes un très joli et significatif nom lui est donné Deur derhue ou "L’eau de chêne".

La fête du solstice d’hiver portait chez les celtes le nom de Egi An Ed, ce qui signifie germe de blé,et en breton Eginane, Egyn en Grande Bretagne, Eginalto en Gallice et Aguianeu en Gaule. Avec le temps, on a prétendu que Aguianeu était une déformation en patois de "Au gui l’an neuf" ce qui vraisemblablement n’est pas exact. Aguianeu est le symbole de la résurrection de la nature et de la réincarnation par le fait des semailles d’automne commençant à germer au solstice d’ hiver.

La symbolique importante se rapportant au gui et à sa cueillette est évidemment d’ordre luni-solaire. La forme lunaire de la faucille (dite "d’or", en fait de bronze doré) et notre plante baignant dans la lumière de l’astre du jour participent ainsi au rite alchimique de la dualité vers l’Unité retrouvée.

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> La cueillette du gui
17 décembre 2004

L’autre jour en passant par la porte de Vincennes j’ai vu un beau guy fleurissant .
A vos serpes pour la cueillette !
Ce serait chouette d’en donner un peu aux pauvres preux chevaliers qui fêteraient cette dotation ensuite ...
rdv à l’entrée 9 de la forêt , un druide
doit s’y trouver .
Aymeri


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