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Pèlerinage à Compostelle par le Camino del Ebro

Etape 29 : De Hospital de Orbigo par Astorga à Rabanal del Camino
Camino del Ebro : 786 km déjà parcourus

par El Peregrino


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Mardi 3 octobre 2006
Etape de 36 km

Réveil en douceur, mais dans la fraîcheur... Vous avez vu le joli patio fleuri en photo, mais il est moins agréable de le traverser au petit matin pour courir aux toilettes... Encore une chance elles ne sont pas occupées... ! J’ai déjà une information de première main après cette traversée : il pleut. Je me prépare doucement, mais d’abord un massage des pieds comme d’habitude et je m’habille. Je vais ensuite prendre un café au lait que l’hospitalière prépare. Il m’en coûte deux euros pour y ajouter jus de fruits, pain, beurre et confiture. La journée commence bien, mais les surprises très désagréables sont pour ce soir...

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Encore un beau matin malgré la pluie.

Il est 7h30 quand je quitte l’auberge et Michel m’accompagne. Il fait nuit et nous marchons une bonne demi-heure avant de pouvoir éteindre nos frontales. Il pleut un peu, juste de quoi être obligé de mettre le poncho, mais j’ai aussi enfilé les gants. Il fait moins de 10° et un petit vent s’en mêle pour accentuer la sensation de froid. Nous sommes à une altitude de 800m.

Michel avance plus vite que moi et je suis seul comme d’habitude pour marcher... Je progresse à mon rythme, la journée va être longue. J’arrive au « Crucero de Santo Toribio » qui domine San Justo de la Vega à 4 km d’Astorga. Du haut du coteau, je peux apercevoir au loin la grande ville, encore une heure pour l’atteindre. J’ai déjà fait 16 km quand j’arrive dans les rues d’Astorga une ville de 13.000 habitants et de 2.000 ans d’histoire. Elle est à la jonction de deux Caminos. Celui des pèlerins du sud qui viennent de Séville par « La Via de la Plata » et ceux de l’Europe du nord qui de Saint Jean Pied de Port viennent par le « Camino Frances ».

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Le palais épiscopal et la Cathédrale d’Astorga

La ville est toujours très vivante, des touristes, des pèlerins et pour l’instant j’ai le soleil qui m’accompagne quand je pénètre sur la place principale. Cet endroit m’étonne toujours... ! C’est une curiosité et les photos vous donneront une idée des édifices presque côte à côte qui donnent à mon goût un sentiment d’antagonisme. D’un côté le palais épiscopal édifié par Antonio Gaùdi terminé en 1913 qui avec ses pierres blanches me fait un peu penser à un château de cendrillon et de l’autre, la cathédrale d’Astorga qui du XVème siècle au XVIII est devenue une superposition de style gothique et baroque.

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Astorga, la cathédrale

Je retrouve Michel avec plaisir. Nous en profitons pour faire des photos et mettre à contribution des touristes français qui nous photographient tous les deux. Ils se révèlent curieux du Chemin de Compostelle, nous posent bien sûr quelques questions et très vite l’échange devient chaleureux... Mais il nous faut repartir, il est 11h30 le but de notre journée c’est Rabanal Del Camino et il reste 20 km à faire... J’évite toujours de passer une nuit à Astorga, il y a beaucoup de pèlerins qui se retrouvent ici et souvent l’auberge est comble...

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Avec Michel le gersois sur la place d’Astorga

La sortie d’Astorga est paisible, il ne pleut pas, mais il y a du vent. Le chemin emprunte la route goudronnée pendant seulement 4 km. À Murias il devient confortable et monte tout droit à travers une sorte de garrigue. Le ciel est mouvementé, mais les couleurs qu’il offre sont belles. Le soleil apparaît très timidement au milieu de gros nuages parés de toute la gamme des gris. Il va pleuvoir.

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Explosion de couleurs, j’ai cet instant encore au fond du coeur...

J’ai traversé Santa Catalina de Somoza et le plateau sur lequel je progresse maintenant est balayé par les bourrasques de pluie. Mon poncho est bien pratique, mais le vent joue trop facilement avec lui et j’ai un peu l’impression qu’il est sur moi comme une voile dont je serais le mat... ! Il faut savoir malgré tout que la beauté qui m’environne prend largement le pas sur mes petits ennuis. Je suis heureux d’être là. Je suis à plus de mille mètres d’altitude et le paysage semble m’avertir que bientôt nous approcherons de la Galice. D’ailleurs, en traversant El Ganso un petit village très typé, je trouve les premières « teitadas », c’est-à-dire des maisons aux toits en chaume qui sont la survivance des siècles passés et aussi l’indice de la présence des celtes.

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Un voyage vers l’incommunicable de chaque homme...

J’arrive à Rabanal Del Camino par la superbe Calle Real qui traverse le village sur toute sa longueur. Il pleut beaucoup maintenant et nous sommes à une altitude de 1150 m. Le froid s’ajoute au vent, même les gants sont les bienvenus. Heureusement ce village de 50 habitants est connu pour la qualité de ces refuges. Celui où je pénètre est très bien aménagé autour d’un patio. Un comptoir de bar est là qui se transforme en lieu de vie bien agréable quand le temps le permet... Après une installation dans un dortoir chauffé et une douche réparatrice, je me joins aux autres pèlerins qui se serrent dans la grande cuisine devant un feu de cheminée. Tous ont déserté le patio et ce soir peu d’entre nous quitteront le refuge pour aller au restaurant. L’hospitalière, bien organisée, peut nous offrir quelques plats de spaghettis bien suffisants. Les Miguel’s connaissent cette femme accueillante et moi aussi. De plus je lui sers de traducteur auprès d’un groupe de Français pas très sympa et cela me transforme presque en ami de la maison... Ces Français font suivre les mochilas de refuges en refuges avec une voiture et cela ne les rend pas sympathiques...

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Le pèlerin et son ombre... !

Michel est là aussi, il semble très fatigué, il a d’ailleurs fait une longue sieste en arrivant. Nous sommes tous les quatre dans cette grande pièce où certains font même un peu de cuisine. Nous nous serrons dans un coin dans l’attente de nos plats de pâtes... Depuis quelques instants je ne me sens pas très bien... ! Au début je pense au désagrément des odeurs de cuisine, particulièrement celui des oignons qui chante au fond d’une poêle... Je ne comprends pas, j’ai envie de vomir... ! Nos plats de spaghettis arrivent et en voyant la nourriture de près la répulsion s’accentue... Impossible de manger et je commence à avoir quelques frissons. J’ai froid dans cette pièce qui semble surchauffée pour les autres. Il est 8h30, je vais me coucher sans manger. En fait, je vais comprendre très vite qu’une « Tourista » s’installe et j’espère que les médicaments d’urgence que j’ai fait suivre vont m’aider à la calmer... Depuis que je voyage, c’est la première fois que cela m’arrive, mais quelque part, j’ai encore le souvenir lointain, très lointain, d’un même problème très spectaculaire quand je faisais mon service militaire en Algérie... !

Je garde un pantalon de survêtement dans mon duvet et même des chaussettes. Heureusement le dortoir est chauffé, mais ma nuit se fera par force en deux ou trois épisodes... !!! Je m’endors avec un peu de crainte. Demain la journée n’est pas facile, il faut monter à la Cruz Del Hiero à 1500m d’altitude, j’espère pouvoir manger quelque chose demain matin et ne pas être trop faible... Je suis confiant malgré tout, je sais qu’IL laisse toujours à mes côtés cette petite étoile... Mais aujourd’hui elle était distraite et semble m’avoir un peu oublié... !!!

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El Peregrino

- Les photos ont été prises par l’auteur pendant son pèlerinage.

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