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20 février 2009 - 08:01
Massages (4)
jp guillot
un ami

 



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Je viens de lire dans Sea of Poppies (La Mer de Pavots), le dernier roman de Amitav Ghosh (qui est décidément un grand conteur d’histoires) - sur le commerce de l’opium organisé entre l’Inde du Nord-Est et la Chine dans la première moitié du XIXe siècle - une phrase qui entre en résonance avec ce que je conçois être la pratique du massage

... Le simple fait d’utiliser ses mains et d’investir son attention sur une autre personne que soi-même [crée] une fierté et une tendresse qui n’ont absolument aucun rapport avec la réponse de l’objet à nos soins - tout comme l’amour de l’artisan pour son travail n’est en rien diminué par le fait que cet amour n’est pas réciproque.

Ce qui me plaît ce sont ces notions de travail manuel, d’artisanat dont on tire fierté et tendresse. Car le massage est aussi un don désintéressé d’énergie, une dépense de ses forces (un peu comme l’enseignement quand on s’y donne vraiment) : le massé se recharge, le masseur se vide et dans ce passage, je suis d’accord avec toi que l’on peut voir un moyen rituel de communiquer une influence "spirituelle".

Je parlais hier soir avec une Anglaise qui traverse le Kerala avec ses deux petites filles par les transports publics.

Nous avons parlé massage puisqu’elle est un peu de la partie et elle m’a mis en garde contre un phénomène de transfert : selon elle, la douleur du massé peut passer sur le masseur si celui-ci ne se prémunit pas auparavant. Pour se protéger, elle se visualise endossant une combinaison de plongée au cours d’une méditation, puis après le massage, même travail mais inverse. Il est vrai que les femmes ont des terminaux sensibles beaucoup plus aiguisés, pointus, vibratiles que ceux du sexe dit fort.

Il est intéressant de rapprocher cela d’une méditation bouddhiste par laquelle on prend volontairement sur soi, en la respirant, sous la forme imagée d’un nuage noir, la douleur d’une personne, que l’on foudroie en soi et transforme en un nuage blanc qu’on retourne au patient ; c’est une pratique traditionnelle qui s’appelle Tonglen.

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