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Un grand mystère bien ordinaire
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Cet article fait partie d’un texte intitulé : "Initiation". Mais y a-t-il vraiment un chemin, une voie à parcourir dans la vie spirituelle ? Y a-t-il des rudiments à apprendre, des évolutions ou des accomplissements ? Peut-être, mais il est certain que la première expérience de la Lumière qui ne dépend ni des rites ni d’une ascèse, est en elle-même complète, suffisante, parfaite, intégrale et absolue. Le reste de la quête ne consiste, en fait, qu’à apprendre la vigilance, la disponibilité, le lâcher prise dans l’espoir d’une nouvelle expérience. Mais redisons-le, aucun rituel aucune ascèse n’est utile la première fois car Il nous donne TOUT gracieusement, sans aucun mérite de notre part. C’est Lui, le Tout Autre qui par cette première fois creuse en nous le désir. C’est en tout premier lieu le constat d’un manque qui crée cette avidité. Manque éprouvé par tous les humains de tous les temps et de toutes les cultures et jamais comblé par aucun dogme. Autant le dire tout de suite notre propos sera de relever ce qui est commun à toutes les initiations ou, plutôt de démontrer qu’il n’existe qu’une initiation et, qu’elle soit appelée chrétienne, bouddhique, ou maçonnique c’est de la même réalité dont il est question. Constat, désir de retour à un Paradis perdu ? Cette aspiration s’origine sur le souvenir d’une situation antérieure, d’une dimension plus grande et unitive de la vie. Comme un souvenir d’enfance un peu embrumé. Evidence, aussi que l’homme ne se trouve pas pleinement réalisé dans le seul développement de son corps physique ou son intellectualité. Frustration de se sentir un rouage dans un monde qui échappe toujours à ses investigations et dont il ne peut percevoir ni le pourquoi ni le comment ni, surtout, la plénitude du sens. La « réalité » où vit l’homme ordinaire se réduit, pour sa conscience, à la toute petite part qu’il lui est possible de percevoir et de maîtriser rationnellement. Or, notre ratio et nos sens, très limités, ne peuvent appréhender qu’une part infime du Réel dont nous participons et de plus nous ne voyons que ce que nous croyons contrairement au dicton populaire. La part la plus importante de l’univers se trouve ainsi occultée. Le postulat de toute initiation est donc qu’il est possible et profitable, pour l’homme, de retrouver la perception de ce que Maître Eckhart nomme l’Etre qui est aussi le Maître intérieur en tout… et en premier lieu en toi ! Ce n’est pas une rêverie en quête d’un ailleurs. Pour en témoigner il suffit qu’un humain, libre de tout préjugé, s’examine lui-même : à certains moments il fait l’expérience d’une dimension radicalement différente dans son essence et ses effets, de celle à laquelle il est soumis en tant qu’ego individuel dans le quotidien. L’espace et le temps revêtent une qualité étrange et des synchronicités peuvent se produire. C’est ici, en ce lieu et temps particuliers, en cette qualité de perception qu’il vit une expérience « surnaturelle ». C’est la révélation d’une profondeur, en lui, dont la présence le rend capable de réaliser ce qui, ordinairement, lui est imperceptible. Cette expérience lui donne accès à une liberté qui le délivre de la peur de mourir et de sa finitude. Elle lui indique une voie, lui permet de s’ouvrir de plus en plus en lui-même à la Réalité. Non pas à la réalité objective mais à la Réalité Absolue. Progressant d’expériences en expériences, de commencements en recommencements, il aura le sentiment de ne faire qu’un avec la réalité profonde et pourra, alors, vivre dans le monde comme un homme nouveau. Le temps vient où Dieu n’est plus ni lointain ni anthropomorphe ni même séparé. Ce qui est découvert ici n’est plus une foi personnelle en un dieu personnel, une idole mais l’Être Total, Unique. De mort en mort de l’ego, de renoncement en renoncement au moi, l’homme peut parvenir à éprouver la Présence d’un Être dans lequel il se sent fondamentalement en union avec tout ce qui est. Il devient alors libre de toute dépendance au monde, libre de toute représentation d’un dieu, libre de toute doctrine et de toute idéologie. Ce qu’il perçoit alors est la grande Totalité Unique présente en lui comme il est présent en elle. Un Être total, l’Un, l’Unique, « l’Être des êtres ». Pour lire la suite de ce texte : "Dichotomie ?" |
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