Pendant que Jésus est interrogé, la nuit tombe. Pierre a suivi Jésus de loin et attend dehors devant la demeure du grand prêtre pour tenter d’avoir des nouvelles. Cette étape de la Passion du Christ ne figure pas parmi les 14 stations couramment retenues pour le Chemin de croix pratiqué dans les églises catholiques le Vendredi saint. Voici les textes qui en font état.
Évangile de Matthieu
« Cependant, Pierre était assis dans la cour. Une servante l’aborda : "Toi aussi, dit-elle, tu étais avec Jésus, le Galiléen." Mais il le nia devant tout le monde en ces termes : "Je ne sais ce que tu veux dire." Il se dirigeait vers le porche pour sortir quand une autre servante l’aperçut ; elle dit aux assistants : "Cet homme était aussi avec Jésus de Nazareth." Pierre nia encore ; il jurait : "Je ne connais pas cet homme." Peu après, les gens qui se trouvaient là s’approchèrent : "Mais oui, dirent-ils à Pierre, tu es de ces gens-là : ton accent te fait reconnaître." Alors il se mit à proférer des imprécations, jurant qu’il ne connaissait pas cet homme. A ce moment, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole de Jésus : "Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois." Il sortit et se mit à sangloter amèrement. » (Mt 26,69-75)
Évangile de Marc
« Pendant que Pierre était en bas dans la cour, survient une des servantes du grand prêtre ; elle aperçoit Pierre qui se chauffait, le dévisage et lui dit : "Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth." Il le nia : "Je ne sais pas ; je ne comprends pas ce que tu veux dire." Puis il sortit pour gagner le vestibule ; et le coq chanta. La servante qui l’avait vu se remit à dire à l’assistance : "Il fait partie de la bande." Lui nia de nouveau. Peu après, ceux qui se trouvaient là disaient à Pierre à leur tour : "Certainement tu en es, car tu es Galiléen." Alors il se mit à lancer force imprécations et serments : "Je ne connais pas l’homme dont vous parlez." Aussitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : "Avant que le coq ait chanté deux fois, tu me renieras trois fois." Et il éclata en sanglots. » (Mc 14,66-72)
Évangile de Luc
« Alors ils le saisirent et l’emmenèrent. Ils le conduisirent chez le grand prêtre. Pierre suivait de loin. Au milieu de la cour ils allumèrent un feu, et s’assirent. Pierre vint s’asseoir avec eux. Une servante l’aperçut assis près du feu, le dévisagea et dit : "Cet homme était aussi avec lui." Mais il le nia : "Femme, je ne le connais pas." Peu après, un autre dit en le voyant : "Tu es aussi de ces gens-là." Et Pierre dit : "Non, mon ami, je n’en suis pas." Une heure plus tard environ, un autre affirmait : "Cet homme était certainement de sa suite ; il est Galiléen." Mais Pierre dit : "Mon ami, je ne sais ce que tu veux dire." A l’instant, comme il parlait encore, le coq chanta ; et le Seigneur s’étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole du Seigneur : "Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras trois fois renié." Il sortit et pleura amèrement.
Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le frappaient. Ils lui avaient couvert le visage et lui disaient : "Devine qui t’a frappé !" Et ils l’accablaient d’autres injures encore. » (Lc 22 54-65 )
Évangile de Jean
« Simon-Pierre, cependant, accompagné d’un autre disciple, suivait Jésus. Ce disciple, qui était connu du grand prêtre, s’introduisit avec Jésus dans la cour du grand prêtre, tandis que Pierre restait dehors, près de la porte. Mais cet autre disciple, celui qui était connu du grand prêtre, sortit et dit un mot à la concierge, qui laissa Pierre entrer. Et la concierge dit à Pierre : "N’es-tu pas aussi un des disciples de cet homme ?" - "Non, dit-il, je n’en suis pas." Il faisait froid : les domestiques et les gardes avaient allumé un brasier et s’y chauffaient. Pierre aussi, debout avec eux, se chauffait. (Jn 18,15-18)
(...)
Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : "N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples ?" Il le nia et dit : "Non, je n’en suis pas." Un des domestiques du grand prêtre, parent de celui dont Pierre avait tranché l’oreille, ajouta : "Mais, ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin ?" Pierre le nia cette fois encore. Aussitôt le coq chanta. » (Jn 18,25-27)