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Mais d’où sort-il ce Simon de Cyrène ? |
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Mais d’où sort-il ce Simon de Cyrène ?
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Cet article s’inscrit dans un vaste dossier : Via crucis, Via lucis C’est en pleine montée du Golgotha par Jésus chargé de sa croix qu’apparaît un homme dont personne n’a jamais entendu parler jusque-là : Simon de Cyrène ! Jésus a des disciples, des apôtres, des amis, mais sur le chemin du Calvaire, presque personne n’est là ! Et c’est à un inconnu - dont aucun évangile n’a parlé avant cette scène - que les soldats de Rome vont vigoureusement intimer l’ordre d’aider au portement de la croix. En une phrase, on apprend son nom : Simon ; sa région d’origine : Cyrène. Marc ajoute qu’il a deux fils : Alexandre et Rufus. Et voilà ! Fin de l’histoire ! A moins qu’il ne faille mener l’enquête ! Selon les commentateurs, Simon serait originaire d’une communauté juive basée à Cyrène au Nord de l’Afrique (actuellement en Libye) [1]. Et le fait que Luc cite le nom de ses fils, Rufus et Alexandre, semble être une référence à des hommes connus des premiers chrétiens, peut-être des hommes faisant partie du 2e cercle autour de Jésus, ses disciples, au nombre de 70 pour les uns, de 108 pour les autres [2], par opposition à son 1er cercle composé des 12 apôtres. Ce point pourrait être confirmé aussi par un écrit de Paul dans son Épitre aux Romains [3] où il parle d’un Rufus, "cet élu dans le Seigneur", qui pourrait être le fils de Simon de Cyrène mais rien ne permet de l’affirmer avec certitude. Pour ce qui est des informations objectives, il semble que nous ayons fait le tour. Partons sur un autre terrain. Le nom de Simon (en grec), ou Siméon en hébreu, est Shim’ôn qui signifie "Yah a entendu". « Yah : nom dérivé du Tétragramme. On le retrouve dans la très célèbre formule hallélouya, qui veut dire littéralement "rendez louange à Dieu". Formé de deux lettres, l’une masculine (le yod), l’autre féminine (le hé), il représente la force d’unité au sein du couple, des mondes d’en haut et des mondes d’en bas, du ciel et de la terre... » [4] Il y a de nombreux Simon dans l’entourage de Jésus : Simon-Pierre, Simon le Zélote, Simon Iscariote, le père de Judas, Simon, le lépreux de Béthanie et bien d’autres. Et il y a aussi au tout début de la vie de Jésus, un vieillard nommé Siméon, dont nous avons vu qu’il s’agit du même nom que Simon. Ce Siméon est également un homme que les écritures n’ont jamais mentionné avant son apparition. Souvenez-vous, cela se passe 40 jours après la naissance de Jésus. Selon la coutume, ses parents vont présenter l’enfant au Temple de Jérusalem. Joseph apporte deux colombes en guise d’offrande. Et un vieillard est là qui attend. Il s’appelle Siméon. Seul Luc raconte la scène : « Il lui avait été révélé par l’Esprit Saint qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. » (Luc 2, 26) « ... quand les parents apportèrent l’enfant Jésus pour accomplir à son égard les prescriptions de la loi, il le prit dans ses bras et bénit Dieu en ces termes : "Tu peux maintenant, Maître souverain, Son père et sa mère étaient dans l’admiration de ce que l’on disait de lui. Et Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère : "Cet enfant doit causer la chute et le relèvement de beaucoup d’hommes en Israël, et devenir un signe qui provoquera la contradiction ; toi-même, un glaive te transpercera l’âme ; ainsi de bien des coeurs vont se dévoiler les pensées." » (Luc 2, 27 à 35) Cette rencontre est fondatrice à plus d’un titre. C’est le premier contact de Jésus avec le Temple de Jérusalem dont il parlera souvent à l’avenir. De plus, les kabbalistes voient dans cette scène avec le vieillard Siméon "la transmission au monde chrétien des traditions ésotériques juives et comme la pierre de fondation de la kabbale chrétienne." [5] Il y a entre ces deux histoires d’étonnants parallèles, comme en miroir. Ceux qui portent Jésus ou qui sont traditionnellement représentés le portant constituent un petit cercle très restreint. Si l’on connaît déjà le vieillard Siméon, il y a bien sûr saint Joseph qui tient souvent Jésus dans ses bras. Et on se souvient aussi de la légende de saint Christophe, ce colosse qui trouve soudain l’enfant si lourd sur son épaule. Puis, plus tard, il y a saint Antoine de Padoue. Parmi les animaux, il y aura l’âne de la fuite en Egypte et à l’opposé de sa vie, l’ânesse sur laquelle Jésus entre dans Jérusalem le jour des Rameaux. Dans le cas où il y aurait quelque pertinence à associer ainsi ces éléments, que faudrait-il en penser ? "Yah a entendu" le profond désir du vieux Siméon, il l’a guidé vers le Temple. Ces personnages sont des liens, des passeurs. Comme Christophe, le géant, qui porte l’enfant-Lumière d’une rive à l’autre, Siméon, le vieillard, est là pour marquer le passage d’une ère spirituelle à une autre, et Simon, le porteur de la croix, va marquer le Chemin de croix de sa présence - de la station 5 à la station 9 ; soit durant 5 stations - il est l’anonyme qui vient en aide, qui vient en partage, qui marche pour l’Autre, en silence. Station 5 - Simon de Cyrène : 5 comme les doigts de la main, l’action ; 5 comme 5 points posés : 4 en carré et 1 au centre ; 5 comme la croix de Jérusalem. On dit souvent qu’il n’y a jamais eu jusqu’à notre époque et de par le monde autant d’associations, de groupes, de personnes, qui travaillent à aider leur prochain de toutes les manières possibles. Simon le Cyrénéen est peut-être celui qui, discrètement, a ouvert cette voie d’action qui participe pleinement d’un monde plus solidaire et plus ouvert. |
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Les illustrations proviennent des sites :
[1] Voir Actes 2, 10 et 11, 20 [2] Voir "Les doctrines secrètes de Jésus" du Dr Harvey Spencer Lewis - Ed. Rosicruciennes - 1989 - Chap. III - Publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1937 [3] Rom 16, 13 [4] Dans "Mystères de la Kabbale" de Marc-Alain Ouaknin - Ed. Assouline - 2000 -p.380 [5] Cité par Gaignebet dans : "À plus hault sens : l’ésotérisme spirituel et charnel de Rabelais", Maisonneuve et Larose, 1986, Tome 2 p. 374 |
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