![]() Accueil
Horizons traditionnels
Religions et Tradition
Traditions chrétiennes
Via crucis, Via lucis
Arma Christi - Les instruments de la Passion
Joseph d’Arimathie et la coupe du Graal |
|
Joseph d’Arimathie et la coupe du Graal
|
|
Cet article s’inscrit dans un vaste dossier : Via crucis, Via lucis Parmi les "Arma Christi" ou "Instruments de la Passion", il en est un qui, à partir du Moyen Age, eut un destin tout à fait particulier. Seulement citée dans les évangiles lors du passage où Jésus institue la Cène en évoquant le pain et le vin, la coupe qu’il prit dans ses mains s’invita plus tard dans l’iconographie de la Passion. Reprenons tout d’abord les textes Evangile de Matthieu Evangile de Marc Evangile de Luc Notons que ces passages qui instituent l’Eucharistie ne figurent pas dans l’évangile de Jean. Et surtout, qu’aucune coupe n’est mentionnée dans les passages des évangiles traitant de la crucifixion. Il faut attendre que le Christ soit représenté sur la croix [1] pour qu’apparaisse bientôt une coupe recueillant son sang. Lorsqu’au XIe siècle, la vraie coupe qui aurait servi au Christ lors de la Cène est présentée aux pèlerins qui arrivent au monastère San Juan de la Peña au Nord de l’Espagne, son histoire se fait jour. La sainte relique aurait été confiée à saint Pierre puis conservée à Rome par les papes. A la veille d’une persécution en 258, Sixte II confie la coupe à Laurent, diacre et futur martyr. Celui-ci l’emporte dans la région de sa famille l’Aragon en Espagne où elle finira en 1070 par être cachée à San Juan de la Peña. La sainte Coupe va faire séjour dans plusieurs villes d’Espagne avant d’arriver à la cathédrale Sainte-Marie de Valencia en 1416. Là, la simple coupe va être enchâssée dans un décor précieux pour la protéger. Après d’autres péripéties, la Coupe y est toujours conservée. Il faut noter que deux papes, Jean-Paul II et Benoît XVI de passage à Valencia ont tenu à dire la messe en se servant du Saint Calice. Il faut signaler aussi un autre objet qui aurait servi lors de la Cène, celui-là fut longtemps dit "taillé dans une émeraude" et ressemble davantage à un plat hexagonal. C’est le Sacro Catino que l’on vénère à Gènes (Italie) comme un Graal. Bien sûr, plusieurs reliques prétendent être la vraie coupe, le véritable Graal, mais ces deux-là, qui pourraient d’après leurs formes être complémentaires méritent certainement une attention particulière. C’est vers la fin du XIIe siècle, que la légende du Graal surgit sous la forme de nombreux récits qui constituent le Cycle de la Table Ronde. Plusieurs se revendiquent d’une secrète transmission. Les trois plus importants sont : Les deux premiers romans ancrent leurs aventures sur la mythologie celtique, sur les dires des troubadours. Le Graal perdu et recherché avec tant d’énergie par les Chevaliers d’Arthur n’est pas vraiment décrit par Chrétien de Troyes. Si c’est bien un récipient, il peut très bien être le fameux chaudron des Celtes ou un vase comme dans le cortège du Graal auquel assiste Perceval. Pour Wolfram von Eschenbach, le Graal est une pierre merveilleuse tombée du ciel. On est loin du calice de la Cène. Parallèlement, c’est l’époque des Croisades et de la floraison des reliques. En 1149, une ampoule contenant du sang de Jésus-Christ est rapporté à Bruges par Thierry d’Alsace. C’est le début à travers l’Europe d’un florissant culte du "Précieux Sang". Quelques années plus tard, Robert de Boron présente une nouvelle version de l’histoire du Graal qui cette fois intègre plusieurs données du Christianisme. C’est lui en effet, qui fait du Graal une relique chrétienne : le Saint Calice de la Cène. Selon lui, ce Calice aurait permis à Joseph d’Arimathie - dont on sait par les évangiles la présence sur le Golgotha - de recueillir le sang de Jésus sur la croix. Il aurait évangélisé la Grande-Bretagne avec l’apôtre Philippe, y transportant le Saint Calice. Le Graal de la légende sera maintes fois signalé en divers lieux. Sans qu’il soit réellement approché par d’autres que le Chevalier parfait nommé Galaad, qui n’apparaît dans aucun des trois romans cités plus haut dans lesquels le Graal reste inaccessible... Retenons seulement la quête des Chevaliers. A quoi finalement consacrent-ils leurs vies ? Leur quête nous concerne-t-elle ou faut-il la laisser bien loin de nous, dans les livres ? Leur quête a-t-elle un lien avec le Chemin de croix, avec la Passion du Christ dont nous venons de considérer quelques facettes ? Le lien ici est le sang, le sang royal : "Roi des Juifs ? Tu l’as dit, je le suis." Le sang réal disait-on en vieux français, le "sangréal" en un seul mot, ou... le Saint Graal. Que véhicule ce sang ? Pourquoi a-t-il fallu qu’il coule ? Etait-ce pour ensemencer la Terre et toutes les générations d’une dimension nouvelle, d’une conscience nouvelle ? « En réalité, le Graal désigne une voie d’approche vers le divin, vers une participation telle que ce n’est plus l’homme qui cherche à appréhender Dieu mais Dieu lui-même qui "se voit" dans l’homme. Le Graal, c’est l’accession au secret de la vie universelle, c’est une réalité divine, une présence permanente, c’est la révélation totale et absolue de la sagesse universelle, c’est la suprême initiation. Ainsi, ce qu’on a appelé "la légende du Graal" appartient aussi bien à l’ésotérisme chrétien qu’à l’ésotérisme islamique ou même à l’ésotérisme hébraïque. La "légende" est universelle, car elle contient l’univers et chaque mystique, quelle que soit son origine, son "état", sa "voie", ou ses bases religieuses, qu’il vive en Occident, ou en Orient, qu’il soit chrétien, musulman ou juif, aspire en dernière analyse, à parvenir par les étapes initiatiques qu’il franchit, à la royauté du Graal, au secret des secrets... Le symbole de ce sublime mystère est partout un objet sacré. Pour les Celtes, cet objet, c’est la "coupe prophétique". Pour les Chrétiens, le "signe" c’est la coupe ayant contenu le sang du Christ, pour l’Islam, ce sera la pierre descendue du ciel. La conquête du Graal, par définition, est une voie active, qui renferme la parole, la lumière et la vie. Cette voie, l’empruntent les chevaliers de la table ronde, c’est-à-dire ceux qui, sur terre, ont été admis à traverser les épreuves initiatiques d’une tradition authentique et reconnue pour accéder en fin de compte à la chevalerie céleste. Un mystique, un initié, a toujours été un chevalier à toutes les époques et sous toutes les latitudes et comme l’ultime sommet à atteindre est symbolisé par le Graal, celui-ci est marqué du sceau de l’universalité... » |
Pour répondre à cet articlePour consulter le forum lié à cet article |
|
|
Le texte de Raymond Bernard est extrait de Rendez-vous secret à Rome - Chapitre IX : Le mystère du Graal (Les mots en gras et/ou soulignés sont ceux qui ont été mis en évidence par l’auteur dans la première édition de 1968.) Les illustrations proviennent des sites :
[1] Ce n’est pas le cas des premières représentations de la crucifixion, nous l’avons vu. Consulter sur ce point : "Histoire méconnue du Chemin de croix" |
Cette page a déjà été visitée 56 fois.
|
|
||
|
D'autres articles du site à consulter sur les thèmes traités ici : |
|
Accueil - Alphabétiquement vôtre - Sur les Routes - Horizons Traditionnels - Champs du monde - Vie du site - Plan |
![]()