Lorsque j’ai vu la couronne d’épines...
dimanche 22 février 2026

par Sylvebarbe


Cet article s’inscrit dans un vaste dossier : Via crucis, Via lucis
Il appartient à la rubrique : Arma Christi - Les instruments de la Passion
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Bien sûr, je connaissais tout ce que le catéchisme m’avait appris : que Jésus fut couronné d’épines avant d’être flagellé et de prendre la croix. Puis qu’il porta cette couronne sur la tête en gravissant le Golgotha et qu’il fut crucifié avec. Tout cela, je le savais. C’était mon éducation religieuse. C’était un peu loin.

Plus tard, j’avais appris l’histoire de la couronne d’épines qui est maintenant à Paris, qu’en 1238, le roi Louis IX s’était porté acquéreur de la couronne d’épines du Christ mise en vente - plus de 1200 ans après le Golgotha ! comment avait-elle été conservée ? - par Baudouin II de Courtenay, empereur de Constantinople. Le roi de France la paye une fortune, près de la moitié d’une année de revenus de la couronne de France. Après avoir été acheminée vers Venise d’abord, puis à travers la France, c’est le 18 août 1239, que le roi, pieds nus et en chemise, entre solennellement dans sa capitale avec la relique. Il la dépose dans la cathédrale Notre Dame. Pour la conserver, il fait construire ensuite la Sainte Chapelle. Commencée en 1242, elle est achevée en 6 ans. Oui, tout cela je le savais...

Puis vint le jour où j’assistais avec des amis à une lecture de textes sacrés par un groupe de comédiens de la Comédie française dans la cathédrale Notre Dame de Paris. Ce fut un très beau moment de poésie spirituelle porté par de grands professionnels. A la fin, nous allions sortir quand il fut annoncé que la couronne d’épines allait être présentée et que ceux qui le souhaitaient pouvait s’en approcher. Ce point du programme nous avait totalement échappé. Par curiosité, nous nous sommes rassis avant de nous relever un moment plus tard pour nous mettre dans l’immense queue des fidèles se dirigeant vers le coeur du transept de la cathédrale.

Présentation de la Couronne d’épines à la vénération des fidèles
Le prélat est entouré de deux Chevaliers du Saint-Sépulcre qui protègent la Couronne.

La couronne était présentée par un prêtre en grand apparat flanqué de deux hommes dont j’appris plus tard qu’ils étaient Chevaliers du Saint-Sépulcre et donc gardiens de la couronne d’épines. [1] J’observais que les fidèles s’inclinaient, voire embrassaient le reliquaire, certains se signaient et s’agenouillaient, avant ou après...

Et moi ? Moi qui venais "pour voir", comment allais-je me comporter ?
Je n’eus pas le temps de me décider. Déjà, j’étais face à la relique. Mon coeur s’emballa, mes jambes étaient comme "en coton". Mon émotion fut immense. Je m’inclinai et retournai m’asseoir, comme terrassée par cette expérience.

Depuis, lorsque j’entends discourir sur la réalité de cette relique ou sur celle d’autres objets, je me tais. Et si vraiment, l’on insiste pour avoir mon avis, je réponds que "peu importe". Peu importe - pour moi - que cette couronne soit celle du Christ en croix ou pas. Ce qui est sûr - pour moi - c’est que cet objet est chargé de la foi, de l’émotion, de la profonde vénération de tous ceux qui l’ont approchée depuis des siècles et que - pour moi - cela suffit à donner à cet objet une puissance qui touche immanquablement au coeur de l’être.

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La photo de Saint Louis présentant la couronne d’épines à été prise par l’auteur à la basilique du Sacré-Coeur de Paris.
L’autre photo vient de : https://www.facebook.com/ordendelsantosepulcro


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