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L’Unicité dans l’histoire de la pensée |
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L’Unicité dans l’histoire de la pensée
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Cet article s’inscrit dans un vaste dossier : Via crucis, Via lucis Le début de ce texte est ici : Via dolorosa et Unicité L’histoire de la spiritualité est jalonnée de ces proclamations « Je suis Dieu ». Cela n’a rien d’étonnant puisque Jésus nous invite à être UN comme Lui-même est UN avec « le Père ». Il dit également aux hommes qui l’écoutent « Vous êtes des dieux ». [1] L’Église elle-même nous dit : « Vous êtes le corps du Christ ». Dans l’histoire chrétienne, nous retrouverons donc un certain nombre de ces proclamants de la divinité de l’humain ou du moins de leur identité divine. Citons Maître Eckhart qui eut l’heur de mourir avant que les sbires du Pape ne le rattrapent et qui échappa ainsi de peu à la « Via dolorosa ». Il a écrit « Les créatures ne se reposent pas avant d’avoir atteint la nature humaine ; alors elles arrivent à leur forme originelle, à savoir Dieu. » et ailleurs cette proclamation de l’Unicité : « Un avec l’Un, un venant de l’Un, un dans l’Un et, dans l’Un, un éternellement ». Angelus Silesius eut, lui aussi, des démêlés avec l’Église Luthérienne car il avait commis quelques poésies que l’on a qualifiées de « panthéiste » car, pour lui Dieu est en tout et tout est en Dieu. Il a écrit, entre autre : Je suis aussi grand que Dieu, il est aussi petit que moi : Il ne peut être au-dessus de moi, je ne peux être en dessous de lui." Nous avons déjà évoqué, plus haut, saint Jean de la Croix qui fut lui aussi persécuté par l’Église comme bien d’autres mais il nous faut revenir en Islam et particulièrement au Soufisme. Un des grands représentant de cette voie, l’Émir Abdelkader nous a laissé dans « Les écrits spirituels » [2] extraits du « Livre des haltes » (al Kitâb al-mawâqif) une belle exégèse de la Chahada (profession de foi musulmane) qui conclue « qu’il n’y a que Dieu ». L’Émir aura, lui aussi subi, pour des raisons politiques, un véritable « chemin de croix » dans les geôles françaises. Dans le Bouddhisme, cette affirmation de l’Unicité Divine est très présente et découle de l’Hindouisme qui semble être à l’origine de la non-dualité (Advaïta : non deux). Elle sera magnifiée par l’œuvre de Adi Shankara, au VIIIe siècle mais est au fondement même du Védanta que l’on situe aux environs de 1500 avant notre ère. C’est ainsi que de siècles en siècles se transmet ce précieux trésor, souvent de manière un peu occulte car combattue par les religions officielles. Il convient en effet de distinguer dans chaque tradition deux aspects qui sont, en quelques sortes, les deux faces d’une même médaille. Il y a la partie visible du dogme, les enseignements, que nous nommerons « exotérisme » et une partie cachée, « l’ésotérisme » qui est souvent véhiculé par la religion elle-même à son insu et que retrouveront les mystiques de toutes les traditions y compris les moines et les soufis. C’est ce que certains appellent la « philosophie pérenne » ou « Tradition pérenne ». [3] Ainsi Rudolf Steiner a pu dire : « L’événement du Golgotha est l’initiation d’un initié au plus haut degré, sans l’intervention d’un mystagogue. » Ceci nous amène à considérer les sociétés initiatiques, héritières des religions à mystères de l’Antiquité, et combattues par les religieux de toutes obédiences, précisément par ce que l’initiation, par une sorte de psychodrame, met l’impétrant sur la voie de l’individuation et de l’Unicité. (Ceci est vrai pour celles qui n’ont pas oublié « la gloire du Grand Architecte De L’Univers ») Dans ce psychodrame, le néophyte passe par des épreuves symboliques dont la mort et la renaissance. En ce qui nous concerne ?Si l’on revient à ce qui constitue l’archétype christique en chacun de nous, selon Jung, il nous reste, afin de compléter le processus d’individuation, à prononcer le « Je suis » en toute conscience... car « Seul est Brahmane l’Un sans second » et pour ce qui est de cet instant présent, nous sommes dans la « Maya », l’illusion de la multiplicité. Le Coran nous dit : « Les hommes rêvent et lorsqu’ils meurent ils s’éveillent ». Il semble bien que les sciences quantiques tendent vers des théories en accord avec cette Tradition de l’Unicité (la tradition étant, étymologiquement, ce qui se transmet). [4] La question qui reste ouverte est : Doit-on nécessairement souffrir ?(Je veux ici rendre hommage à un de mes maîtres, Jean Tourniac qui la veille de son décès m’a confié au téléphone : « Je viens de vivre l’Ecce homo » car il s’était retrouvé seul, nu au milieu d’une salle carrelée attendant le diagnostic d’un médecin.)
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Le logo provient du site : https://www.cgjung.net/ [1] Jean 10 ; 34 reprenant ici un psaume. [2] « Les écrits spirituels » ont été merveilleusement traduits par Michel Chodkiewicz. [3] Aldous Huxley a écrit sur cette « Philosophie Pérenne ou Éternelle » dans son introduction à la Bhagavad Gita une analyse très intéressante. [4] Bibliographie succincte |
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