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Via crucis, Via lucis
Le message des Templiers de Tomar
A Tomar : Silêncio e Segredo |
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A Tomar : Silêncio e Segredo
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Cet article s’inscrit dans un vaste dossier : Via crucis, Via lucis Après avoir exploré quelques tableaux de la Charola, saluons les deux prophétesses de Tomar. Dans le déambulatoire de la Charola du Couvent de l’Ordre du Christ à Tomar se trouvent deux peintures murales qui font partie d’un cycle de peintures réalisées au XVIe siècle pendant le règne du roi Manuel 1er. Deux femmes se font face et sont représentées de chaque côté d’une fenêtre dans des niches en trompe l’œil, du style renaissance manuélin portugais. Ces deux représentations féminines sont peut-être des allégories, des saintes femmes, ou sans doute des Sibylles, des prophétesses de l’Antiquité que les théologiens de la Renaissance ont considéré comme annonciatrices de la venue du Christ. Elles sont en quelque sorte le pendant des prophètes des Hébreux dont les statues en bois encadrent cette fenêtre. Il faut savoir que l’entrée de cette Charola a changé au cours du temps. En effet, lors de sa construction, c’est entre ces deux représentations que se situait l’entrée principale. On ne sait pas s’il y a eu une réécriture ou une réinterprétation de ces deux personnages quand les modifications architecturales ont été faites, mais elles ont une place bien particulière dans un axe qui est très significatif pour la Charola. Elles sont dans l’axe du lever du soleil le 1er mars, jour du début de la construction de la Charola templière. Les messages professés par les Sibylles sont transformés en mots et ces inscriptions sont peintes au-dessus des fresques. Sur la première à droite, on peut lire Le message sibyllin est une métaphore de l’humilité et l’humilité est un thème primordial pour les moines-soldats de l’Ordre du Christ (successeurs des Templiers) qui fréquentaient ce haut lieu. Les humbles seront élevés et les orgueilleux rabaissés. C’est par l’humilité que l’on peut atteindre la grandeur divine, l’Olympe désignant la demeure de Dieu à l’époque de la Renaissance. L’attitude de la Sibylle est une attitude de dévotion à la Divine autorité par sa posture inclinée, presque dans une position de prière avec son regard qui est baissé. L’analyse des vêtements de cette figure confirme son rôle allégorique et spirituel, typique de la peinture de la Renaissance portugaise : le blanc du voile (pureté, sagesse), l’ocre de la robe enveloppante (la terre mais aussi l’or de la richesse spirituelle), le liseré rouge du voile, (charité et sacrifice). La figure féminine qui lui fait face, l’autre Sibylle, est elle aussi surmontée d’un message tout aussi important et signifiant. Cette sentence est une exhortation voire un avertissement. La conduite de quiconque doit se faire dans la sainteté des agissements. Une fois encore, la Sibylle s’exprime. Et cette fois, après avoir rendu sa transmission, elle a posé un doigt sur sa lèvre et les doigts de sa main droite sont placés curieusement. Le pouce et l’index écarté. Un angle droit, un compas, ou bien… ? Elle semble indiquer un chemin, le seul chemin pour aller vers Dieu, qui est le silence et le secret. Par ce simple signe, elle signifie l’essentiel de la fonction de ce lieu : la célébration du Christ, de sa vie, de sa Passion et de ses mystères dans ce sanctuaire somptueux voulu par le roi Manuel pour la seule gloire de Dieu. |
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