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Blanche de Richemont
Harmonie dans la fusion des contraires ou les paradoxes de la Lumière Safran. |
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Harmonie dans la fusion des contraires ou les paradoxes de la Lumière Safran.
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L’Inde était jadis appelée Jambaboudvîpa, le prunelier pourpre. C’est ce que nous rappelle un article de Jacques Sourmail paru dans la revue « L ’Initiation » numéro 9 , mars-avril 2006 et que l’on retrouve sur ce site Guérashel Donc selon les occultistes, L’Inde est gouvernée par un flot de Lumière dorée légèrement pourprée nommé le rayon de safran. C’est le rayon d’harmonie par les conflits ou encore celui de l’art, du beau et de l’intuition. L’énergie du quatrième rayon est cependant décrite ailleurs comme étant une très pure énergie de couleur blanche. L’Inde selon certains enseignements est du premier rayon dans son âme et du quatrième rayon pour sa personnalité. J’ai été dès ma première rencontre avec Blanche incité à réfléchir à ces enseignements sur la psychologie des rayons attendu que je lui ai trouvé une étrange ressemblance avec le Maître Sérapis Bey dessiné par David Anrias. Ressemblance dont je lui ai fait part et qui l’a amusée aussi. Pour ce nouveau rendez-vous, Jean est à nouveau à mes côtés mais aussi Marie et mon fils cadet, Sikhantim. La buvette du jardin du Luxembourg nous offre un cadre animé, en plein air. Si Blanche nous dit qu’on peut passer à côté de Vijayananda sans le voir, il en est de même pour sa disciple, dont la profondeur doit se deviner. Puissions nous être des passeurs vers ces deux êtres d’exception. Le « Manifeste vagabond » nous dévoile une Blanche de Richemont assez comparable à Satprem, disciple de la Mère de Pondichéry qui a été, lui aussi grand voyageur dont la mobilité a été comme fixée par le darshan d’Aurobindo et Mère. Dans l’avant dernier chapitre du « Manifeste vagabond » p 104 : « Après tant d’années de questions, de solitude et de fébrilité, j’étais arrivée à destination, le regard de cet homme me clouait sur place me faisant explorer des horizons inimaginables. Intérieurs. » Ce livre montre bien chez un être en évolution le basculement du voyage extérieur au voyage intérieur, il dévoile tout le parcours de la philosophe qui avait fait sa thèse sur le sublime et le cherchait en se gavant des beautés, des laideurs ou de l’ennui du monde, auprès des indiens Kogis en Colombie, dans un temple de Louksor ou face au tombeau de Massoud dans les collines Afghanes. P111 : Arkghan : Blanche, pouvons nous dire que votre roman constitue à la suite de vos autres écrits, un enseignement spirituel ? Blanche de Richemont : Oui, mais ce n’est pas mon enseignement, c’est l’enseignement de la route, c’est l’enseignement de la rencontre. Arkghan : Dans votre « Manifeste vagabond » le chapitre intitulé « Libres » nous dit : Blanche de Richemont : Après l’avoir rencontré, comme je lui avais dit que j’étais en train d’écrire un livre, il m’a dit : Blanche vous devriez écrire un livre de magie, de mystère, un livre dans le genre, « Harry Potter », un livre autour de l’harmonie. Je n’avais pas du tout le projet d’écrire un livre comme celui-là, je n’étais pas sûr d’être capable de le faire ; Au fur et à mesure des rencontres que j’ai faites avec lui, il m’a donné les clés. Parfois je ne savais pas trop s’il parlait à mon personnage ou à moi. Il me disait Arkghan : Vous n’aviez pas encore commencé à écrire votre roman mais vous en parliez ? Blanche de Richemont : Non, non. La première fois, on en avait parlé, c’est ensuite à mon retour qu’il m’a dit : « Vous devriez écrire un livre de magie. » Et chaque fois qu’on se voyait, on en parlait, il me donnait la matière. Arkghan : Mais lui n’a rien vu, n’a rien lu ? Blanche de Richemont : Il n’a rien lu. J’étais en train d’écrire quand il a quitté son corps. Arkghan : Merci pour cette précision qui m’éclaire. Pouvons nous entrer dans son enseignement sur la souffrance ? P. 124 : P. 114 : Blanche de Richemont : Il ne disait pas tout à fait cela, vous l’avez cité, il disait : « 90% de la souffrance est mentale ». Il disait que quand il arrive un drame, en général on aimait gratter les croûtes, on aimait rentrer dans la complaisance ; La réalité de la souffrance est infime par rapport à ce que le mental fait de la souffrance. Souvent on se répète que c’est douloureux, difficile, comme si c’était plus normal de souffrir que de ne pas souffrir. On est toujours en train de remuer ce qui ne va pas. On fait tout de suite des montagnes de petites difficultés, de quelque chose qui n’est pas grave. Comme moi je pleurais la mort de mon frère à ses pieds, il me disait que ce n’était pas si grave. Et ma mère aussi est venue, et même quand elle était en larmes, il lui disait « Ce n’est que du mental », alors ma mère, elle sautait au plafond ! Mais il lui disait : « Maintenant c’est dans votre tête que vous vous dites, c’est horrible, c’est malheureux. » Si on tourne les yeux vers le Divin, si on tourne les yeux vers la Lumière, si on essaie de profiter de la souffrance pour grandir, alors tout devient différent. Oui, 90% de la souffrance est mentale, on le sait mais ce n’est pas parce qu’on le sait que cela nous empêche totalement de souffrir. Arkghan : Oui, bien sûr ! Blanche de Richemont : Cela empêche surtout de se faire des idées noires. Arkghan : Cela empêche peut-être de s’identifier complètement à cette souffrance, de se laisser totalement absorber. Blanche de Richemont : Cela a à voir avec la maîtrise du mental. C’est à cela que sert la méditation, on peut vite se dire : ça oui, ça non, on peut se recentrer. Tout est relié en fait. Arkghan : Avec la souffrance c’est mon deuxième thème, il y a la conscience de la mort qui est souvent le point de départ d’un cheminement spirituel. Dans votre cas nous l’avons bien développé déjà, mais je voudrais savoir comment vous avez pu vivre justement cette différence d’approche de la mort entre l’occident et l’Inde. Pour les hindous la mort c’est quitter un manteau, on ne rend pas son âme à Dieu car elle lui appartient déjà , on dit donc quitter son corps. Blanche de Richemont : En Inde j’étais un peu choquée parce que à Kanhkal, là où j’allais faire la ballade aux bords du Gange, le matin, je passais tous les jours devant des corps qui brûlaient. Quand vous passez tous les jours devant ces familles qui entraient leurs cadavres dans le Gange pour les brûler, vous avez une communion, une communauté de vie avec la mort qui est totalement différente. J’ai compris que cela pouvait être une autre vie. La mort est vécue comme une autre vie en Inde, comme un envol, une réalisation pour certains, comme un aboutissement pour d’autres encore, comme un arrachement encore pour d’autres mais, elle est vécue de manière très paisible et je me souviens toujours, chaque jour je trouvais qu’il y avait une paix dans ces moments là. C’était toute une autre vision de la mort qui était parfaitement en relation avec Vijayananda. C’est comme si on s’étonnait toujours de mourir, comme si ce n’était pas normal, comme si c’était dramatique. Mais là bas c’est pas tellement vécu comme quelque chose de tragique. Arkghan : Si on est assez sensible, en Inde on peut expérimenter un autre rapport à la mort, y compris bien sûr à sa propre mort. Blanche de Richemont : Après je vous parle comme cela, mais si mon petit garçon de quatre mois disparaissait demain, je mettrais un petit peu de temps avant de parler Paix et Envol.....! Je comprendrais qu’il y a quelque chose qui doit se passer, qu’il est venu sur terre pour un but particulier, mais je mettrais un petit peu de temps quand même..... Arkghan : Oui, tout de même, la perte d’un être cher, surtout pour une maman n’est pas rien et vous venez de donner la vie, je ne veux pas vous faire évoquer des circonstances funestes, regardons du côté de la vie mais justement, en Inde peut être à cause du fait que la mort n’est pas refoulée, il y a des possibilités de vie plus intenses. Blanche de Richemont : En Inde, tout est plus intense, la joie comme la peine, la souffrance, la jouissance, la beauté ou la laideur, l’amour comme la haine, vous croisez le pire et le meilleur. Pourquoi ? Parce que plus la lumière est dense et plus l’ombre est profonde. Il y a une telle lumière en Inde que la part d’ombre est aussi très dense, comme dans un ashram, comme auprès d’un sage. Autour de Mâ, il y avait des personnes qui faisaient de la magie noire contre Elle. Il y avait même des moments où elle s’était retrouvée avec des cicatrices partout. La Lumière était tellement forte que cela créait autour d’Elle ou en face une ombre aussi forte. C’est pour cela que l’Inde est porteuse de cette intensité, de ces paradoxes quotidiens. Chez nous c’est moins intense parce qu’on a moins de connections avec la partie lumineuse de notre âme. Arkghan : Est-ce que nous pouvons revenir à la partie de ma question sur la fusion du Victorieux et celle d’Albin ensuite avec l’âme de Mâ ? Blanche de Richemont : Non je dis qu’il a retrouvé l’âme de Mâ, ce qui n’est pas fusionner. Il n’avait pas besoin de la retrouver d’ailleurs, il était déjà connecté à Elle. Il laisse son corps physique et il va être en connexion subtile encore plus forte avec Mâ. Arkghan : Alors j’ai interprété, allant au delà de votre pensée mais tel que vous l’avez décrit, j’avais pensé à cela car ce serait une possibilité pour un disciple très avancé et très proche de fusionner dans l’âme du Maître. Blanche de Richemont : Oui mais je ne le formulerais pas comme cela. En tout cas pour moi, ils se retrouvaient sur un plan subtil, c’était une retrouvaille. Arkghan : En tout cas la mort d’un sage semble pour lui l’accès à une inénarrable liberté car de son vivant déjà il était mort au monde à ses illusions et ses attachements, alors justement, cette liberté est celle du libéré vivant dont le regard sur nos questions humaines est très élevé. Vous dites dans le Manifeste vagabond, P. 101 : Blanche de Richemont : De quoi, cette intention de déculpabiliser ? Arkghan : La clémence et le côté rassurant. Blanche de Richemont : Je pense que n’importe quelle personne vraiment vouée à la vie spirituelle a cette présence qui rassure, faite de tolérance, de clémence mais de rigueur et d’exigence également. C’était évident chez Vijayananda comme chez toutes les personnes reliées à une force de Lumière. A la fois cette liberté, cette attention, cette souplesse et cette exigence terrible. Une indulgence oui mais une exigence redoutable, c’est très tangent. Arkghan : En effet et cela est très apparent dans votre roman ! Nous allons en venir à l’instant sur un personnage fascinant, le yogi Balawan, page 117. Balawan est en train de se dégager de l’emprise de son complice, Attal, ils viennent de s’affronter et le vieux yogi se souvient d’une histoire que vous racontez : celle du yogi se faisant houspiller par l’esprit d’un arbre au bord d’une rivière pour avoir simplement humé le parfum d’un lotus alors que plus tard vient un pêcheur, saccageant les fleurs et tuant les poissons, on ne lui dit rien. L’ignorant n’est pas tenu pour responsable, mais : Blanche de Richemont : Vous avez justement tout l’enseignement d’un sage dans cette histoire ! La tolérance pour celui qui ne connaît pas et l’exigence poussée à l’extrême pour celui qui est sur le chemin de la Connaissance. C’est exactement ce qui se passe auprès d’un Maître. Il commence par vous donner beaucoup d’amour, de douceur et de tolérance et lorsque vous commencez à comprendre, son exigence est plus grande. Arkghan : Et cependant c’est là que votre récit peut dérouter un lecteur occidental mais se trouve en prise directe avec le génie du paradoxe de l’Inde, même dans cette rigueur extrême il y a encore une porte de sortie pour celui qui ayant eu la Connaissance en a fait un mauvais usage. Résumons : P. 65 : P 117 : Balawan est en train de se dégager de l’emprise de son complice, Attal, ils viennent de s’affronter et le vieux yogi se souvient de l’histoire dont nous venons de parler. Blanche de Richemont : Je ne sais pas du tout ! Je ne savais même pas que la fin serait celle-ci. Vous savez les personnages, ce sont eux qui imposent leur poids à un moment donné à cette histoire. On ne décide pas grand chose quand on écrit. J’aimais bien l’idée de cette personne qui se voue à la Lumière mais qui est capable de dévier parce que c’est humain. Et à un moment donné il est capable de revenir. Que dire en guise de conclusion ? « N’est il pas indispensable pour vous d’être dérangés ? Ce n’est pas en éludant le conflit que l’on devient un être intégral mais en passant par le conflit et en le comprenant. » Krishnamurti. Blanche cite Vijayananda dans son « Manifeste vagabond » pour dire la même chose avec en plus une joie et une malice peut être. « La vie est une danse au dessus d’une lame de rasoir. Apprenez à danser ! » Blanche a appris à danser et elle peut nous apprendre sa danse. Il y a eu beaucoup de questions, et nous trouvons que c’est bien. « De même qu’un galet jeté dans un lac paisible fait naître un cercle qui va s’élargissant, de même l’action de l’énergie en direction de ce qui est vrai fait naître les vagues d’une nouvelle culture. Les livres de Blanche sont pour nous la naissance de cette nouvelle culture. |
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La photo de Vijayananda provient du site http://fr.sages.wikia.com/wiki/Vija... |
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