Accueil du site Sur les routes Espagne Le Camino del Ebro Etape 35 : De Hospital De La Cruz par Palas de Rei à Melide
Pèlerinage à Compostelle par le Camino del Ebro

Etape 35 : De Hospital De La Cruz par Palas de Rei à Melide
Camino del Ebro : 973 km déjà parcourus

par El Peregrino


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Lundi 9 octobre 2006
Etape de 28 km

Je suis dans la ville à la spécialité culinaire bien connue : « los pulpos ».

Hier la soirée a été chaleureuse et cette communication téléphonique avec Luis m’a rendu euphorique. Nous n’avions pas communiqué depuis un long moment. Au mois d’août, par un bref courriel, je lui avais annoncé ma venue aux environs du 12 octobre. Il avait enregistré cette date et moi j’attendais le dernier moment pour l’appeler craignant un peu d’être encore un pèlerin qui frappe à sa porte... Son appel m’a confirmé une fois de plus que les liens sont très forts entre Luis, son ami Manuel et moi le pèlerin. J’aurai l’occasion de reparler d’eux.

Il fait nuit à 7h15 quand je quitte Hospital de la Cruz. Le lieu est désert et à cette heure le resto à côté est évidemment fermé. J’ai pris quelques précautions et avant de partir j’ai ingurgité un jus de pêche et une madeleine.... Pas question de voir les étoiles, mais il ne pleut pas. Après une demi-heure de marche je trouve un bar ouvert et encore une fois se renouvelle ce plaisir simple d’un petit-déjeuner pourtant ordinaire. Je remercie le patron d’être déjà disponible dans ce lieu un peu perdu, mais il sait qu’a cette heure d’autres pèlerins vont faire comme moi... Voilà d’ailleurs Nicolas qui arrive, les jeunes d’hier soir traînent encore derrière.

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Le soleil va perdre la pluie va gagner.

Je suis sur une petite route goudronnée qui surplombe le coin à faible altitude et l’aube semble vouloir annoncer une journée un peu plus claire. Le soleil commence à tutoyer l’horizon, ne pas le voir se lever depuis deux jours me manquait un peu. Un jeune chien agressif se précipite vers moi, mes bâtons le dissuadent de m’en dire plus. Il est jeune, car ces agressions sont rares sur le Camino, les chiens sont habitués à voir passer des pèlerins et ils restent très indifférents.

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Un hameau de la Galice.

Nous sommes restés de nombreuses étapes sur des plateaux à des altitudes de 700 ou 800 mètres et pourtant le chemin était souvent plat comme la main et semblait se perdre à l’horizon. Ici, rien de tel, nous sommes en Galice, la randonnée du jour n’est pas anodine, environ 7 heures de montées et de descentes dans une campagne belle et verdoyante. Arrivé à Palas de Rei, j’ai fait 12 kilomètres et avant de faire les 16 restants pour rejoindre Melide, je vais apaiser ma faim. Il est un peu plus de 10h, j’ai tout mon temps, j’en profite. Le petit « bocadillo » au jambon serano fait très bien mon affaire. Il pleuvait quand je suis arrivé dans ce bar, il pleut encore plus quand je reprends la route. C’est maintenant une succession de hameaux et de fermes, le temps passe vite. Voilà déjà Furelos et son pont romain, bientôt ma ville étape.

La pluie a cessé, le soleil est même bien présent. Pour l’Espagne c’est encore l’heure de déjeuner quand j’arrive à Melide. J’aime faire étape dans cette ville, j’en garde de bons souvenirs. Le refuge est confortable et bien équipé, je passe vite à la douche et j’ai faim. J’ai repéré un restaurant juste en face de l’albergue et il est plus de 15 heures quand je m’installe en solitaire pour manger. Le service va traîner un peu à cause de moi, mais le personnel reste particulièrement aimable. Les restaurateurs ont parfois des difficultés à s’organiser, ils ont la clientèle habituelle du pays qui quitte la table vers 16h et des pèlerins qui demandent déjà à dîner vers 19h... !

De retour au refuge, je m’occupe de l’intendance. Avec un jeune Espagnol que je côtoie depuis deux jours, nous réunissons nos vêtements pour utiliser une grosse machine à laver et son séchoir à linge. Pour la première fois depuis plusieurs jours, tous les effets contenus dans mon sac seront secs pour partir demain... ! Je retrouve l’équipe joyeuse des Italiens et des Brésiliens. Nous convenons de nous retrouver vers 19h pour aller en bande déguster les « pulpos »... Il me reste deux étapes pour arriver à Compostelle, j’ai déjà décidé de ne pas aller jusqu’à la mer. Il faut faire cent kilomètres de plus en trois étapes que j’ai déjà connues en 2002. Cette année les incendies de l’été ont cramé une bonne partie de la côte galicienne et en plus mes chaussures achèvent ce voyage en prenant l’eau... ! Je suis en balade dans la ville et pour arriver à Santiago à mon avantage, je rentre chez un coiffeur qui va régulariser un peu ma barbe devenue hirsute... J’ai un aspect plus civilisé en sortant. Je fais quelques courses dans une épicerie proche, je veux avoir toujours de quoi manger dans mon sac.

Retour à l’auberge, je retrouve la petite bande. Nadia, une des jeunes femmes souffre et boite beaucoup, elle a un très gros problème à une cheville. Nous compatissons tous et nous l’encourageons comme nous pouvons pour envisager les deux étapes qui restent à faire... La « Pulperia » n’est pas loin et nous nous retrouvons tous autour d’une grande table dans cet établissement spécialisé. Les « pulpos » sont des pieuvres bouillies, coupées en rondelles et très bien assaisonnées. Pour que ces petites bêtes soient succulentes la cuisson est tout un art et la dame d’un certain âge qui s’en occupe est passée maître... ! Ces petites rondelles de chairs blanches sont servies et empilées sur un plateau en bois et pour se servir chacun y va d’un « palillo » un mot plus sympathique que cure-dent... ! Pour faire glisser tout ça il y a un vin blanc légèrement pétillant qui semble léger, mais qui donne aussi une couleur souriante à la vie... Il est servi dans des coupelles de terre et il est toujours difficile de marier ce liquide agréable avec les plateaux de pulpos... ! Il semble toujours qu’il y a un manque de l’un ou l’autre pour terminer le repas... ! C’est ainsi que les pichets ou les plateaux s’accumulent...

Je suis à Melide, je n’ai jamais froid dans la rue, quand je rentre me coucher... ! Il est dix heures et je suis un peu euphorique en activant la fermeture éclair de mon duvet. Ce sont ces heures d’une saine fraternité que la mémoire garde et c’est aussi pour les retrouver que me revient d’une année à l’autre le désir de reprendre ma mochila... J’ai trop chaud dans mon duvet... !!! Je dors très vite... Merci à LUI.

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