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L’Homme à la Découverte de l’Univers
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L’Homme, l’animal terrestre qui se tient sur ses pattes arrières, n’a qu’un léger mouvement de la tête à faire pour admirer l’immense étendue du Ciel. Ce faisant, il se situe dans l’Univers en fonction de ses connaissances et parfois de ses croyances. Or, il semble que notre place évolue assez rapidement ces derniers temps. Il m’a donc paru opportun de faire un point sur ce sujet céleste. L’Homme et la représentation de l’Univers Ainsi de nombreuses personnes se représentaient l’univers sous forme de sphères successives. Les sphères les plus lointaines étaient du domaine des étoiles, de la perfection, du Paradis et du divin. Dans les sphères intermédiaires, les anges actionnaient mécaniquement les autres sphères, ce qui expliquait les mouvements constatés. La sphère de la Lune était le siège du Purgatoire et la sphère centrale était celle de la Terre, du perfectible et de l’Homme. Au centre de la Terre se trouvait l’Enfer. Ainsi, plus l’âme s’éloignait de la Terre, plus elle s’approchait de Dieu. La représentation de l’univers était donc fortement connotée par la religion. C’est pourquoi les théories de Nicolas Copernic et cent ans plus tard de Galileo Galilei, qui plaçaient le Soleil au centre du monde furent si traumatisantes. L’homme perdait sa place éminente. Une des conséquences notables de cette théorie fut d’accroître très considérablement la taille de l’univers. En effet, si le Soleil était au centre de l’univers, il fallait bien que la Terre soit en mouvement. Or, les étoiles semblaient immobiles par rapport à notre position, pourtant mouvante. La seule conclusion possible était que les étoiles devaient être extrêmement éloignées, sans que l’on puisse pourtant chiffrer les distances. Tycho Brahe, Kepler, Newton et Laplace réduisirent à néant la vieille théorie des sphères en montrant que le mouvement des planètes n’était pas circulaire mais elliptique ce qui détruisait de fait les sphères. Surtout, Sir Isaac Newton démontra qu’une des lois principales de l’univers était celle de la gravitation. L’histoire de la fameuse pomme eut des répercutions énormes puisque l’univers devenait d’un coup infini. En effet, s’il avait été fini, il existerait une position centrale vers laquelle la gravité ferait s’effondrer toutes les parties de l’univers pour y former une grande masse, ce qui n’était pas conforme à la situation observée. Cette nouvelle théorie d’univers infini se heurtait toutefois à un problème de taille connu de tous les hommes : la nuit est noire. En effet, dans un espace infini, il y a un nombre d’étoiles infini et donc une quantité de lumière infinie. C’est-à-dire qu’il n’y a aucune raison pour que la nuit soit noire, puisque l’obscurité n’est que la conséquence de l’absence de lumière. Puis, Laplace porta le coup fatal à la religion en affirmant clairement qu’il n’avait pas besoin de l’hypothèse de Dieu pour expliquer un univers infini. Enfin, Darwin avec sa théorie montra que l’évolution avait demandé beaucoup de temps et que l’homme n’était qu’une résultante de ce très long processus. Une nouvelle fois, l’homme perdait sa position privilégiée et l’univers, qui n’avait cessé de s’agrandir au fil des siècles, devenait tout d’un coup très vieux, bien plus ancien que les six mille ans que lui donnait Kepler et Newton. La Lumière et la Représentation de l’Univers Avec cette technologie, on pu voir la lumière non visible Ainsi, la lumière visible ne constitue qu’un minuscule fragment de longueur d’onde de la lumière. Les yeux de l’homme sont des récepteurs de lumière visible, car le Soleil émet la plus grande partie de son énergie sous cette forme. Si le Soleil nous envoyait essentiellement des rayons X, nous aurions des yeux et une vision bien différents... et une perception du monde totalement modifiée. La conséquence de ces sept constituants de la lumière est très simple : nous ne voyons qu’une petite partie de la lumière. L’essentiel est invisible. Ainsi, un même objet peut être regardé suivant sept modes différents si l’on possède les décodeurs adéquats. Le même objet présentera une image bien différente dans chaque mode, à tel point que l’on pourrait penser que ce n’est pas le même objet. Notre œil est donc un instrument bien pauvre pour regarder l’univers. Avec la radioastronomie, on commença à regarder l’univers avec un œil neuf et complet. Le spectacle qui s’offrait ainsi à nous était hallucinant Rappelons que l’unité de mesure des distances en astronomie est l’année-lumière, c’est-à-dire la distance que parcourt la lumière en une année, sachant que sa vitesse est de 300.000 km/seconde ou bien 1.080.000.000 km/heure ou encore 9.460.800.000.000 km/an. Le système solaire fut localisé dans notre galaxie, la Voie Lactée. Il se trouve en banlieue, sur un des bras spiraux de la Voie à environ 30.000 années-lumière de son centre, le noyau galactique. Comme la Voie Lactée mesure 45.000 années-lumière de diamètre, notre position est très quelconque, d’autant que notre Soleil n’est qu’une étoile parmi les cent milliards qui constituent notre galaxie. En 1923, Edwin Hubble, l’homme qui a donné son nom au télescope spatial, découvrit que la distance qui nous séparait de la constellation d’Andromède était de 2.300.000 années-lumière, soit bien plus que la taille de la Voie Lactée. Nous avions dès lors une galaxie cousine. Aujourd’hui nous savons qu’il existe plusieurs centaines de milliards de galaxies. Je vous laisse calculer le nombre d’étoiles qui existent dans l’univers... La structure de l’univers prenait forme. La Voie Lactée et Andromède constituent avec une quinzaine d’autres galaxies nettement plus petites, un groupe local de galaxies. Ce groupe local s’agglomère à d’autres groupes, pour former un amas de galaxies. Cet amas, avec d’autres amas s’agglutinent pour devenir un super amas qui forment avec leurs congénères le grand attracteur et ainsi de suite jusqu’à ce que… notre petit esprit humain ne puisse plus imaginer ou concevoir l’immensité infinie que nous avons sous les yeux lorsque nous levons la tête pour admirer le ciel. Mais le plus étonnant fut de découvrir, que malgré ces empilements d’étoiles et de galaxies, les distances qui les séparaient étaient telles que finalement l’univers était plein de vide. On calcula que le vide représentait 90% de l’univers. Six ans après avoir mesuré la distance qui nous séparait d’Andromède, c’est-à-dire en 1929, Edwin Hubble montra que la majorité des galaxies s’éloignaient de la Voie Lactée avec une vitesse proportionnelle à la distance. Ainsi, une galaxie deux fois plus lointaine s’éloigne deux fois plus vite, tandis qu’une autre dix fois plus lointaine s’éloigne dix fois plus vite. De plus ce mouvement est identique dans toutes les directions observées : haut, bas, droite, gauche, devant ou derrière. La conclusion qui s’imposait naturellement était que toutes les galaxies avaient un même point d’origine. De là vient l’idée d’une grande explosion primitive qui aurait dispersé la matière. C’est la théorie du Big Bang qui donne ainsi à l’univers un passé, un présent et un futur et qui voit subitement revenir la Création divine puisque avec un passé, il a bien fallu admettre l’existence d’un instant zéro. Dieu et le Temps faisaient ainsi un retour triomphal au moment où on s’y attendait le moins ! Pie XII, si peu bavard sur quelques sujets fondamentaux de son époque, s’empressa pourtant de raccorder le Big Bang et la création de l’univers par Dieu. Pour lui, la preuve scientifique de l’existence de Dieu était bien apportée par le Big Bang. Pour l’anecdote, on notera que l’astrophysique est la seule science profane que le Vatican étudie en permanence via une équipe de moines-chercheurs située à Castel Gondolfo. On se mit alors à mesurer l’âge de l’univers et on s’accorda sur environ 15 milliards d’années. On verra dans la suite de cet article que cette datation a été modifiée dernièrement. Comme la lumière se déplace à une vitesse finie, elle met un certain temps à nous parvenir. Ainsi, la lumière du Soleil requiert huit minutes pour arriver jusqu’à votre œil. Si vous observez Pluton avec un télescope, vous verrez une image vieille d’un peu plus de 5 heures. De la même façon, une observation d’Andromède est vieille de 2,3 millions d’années, c’est-à-dire qu’elle est contemporaine de l’Homo Habilis, alors que l’observateur est sans conteste un Homo Sapiens Sapiens… Puisque voir loin, c’est voir tôt, il devenait possible d’observer un jour une lumière vieille de 15 milliards d’années, c’est-à-dire aussi ancienne que le Big Bang, ce qui serait une preuve de la validité de cette théorie. Curieusement, personne ne se mit en quête de ce rayonnement fossile et c’est tout à fait par hasard que deux radioastronomes américains, Arno Penzias et Robert Wilson, entendirent en 1965 la « musique de la création ». Pour l’anecdote, ils furent tellement surpris par leur découverte, qu’ils crurent d’abord à une interférence générée par un couple de pigeons qui avait élu domicile dans leur radiotélescope. Depuis cette époque, le Big Bang n’est pratiquement plus contesté par les scientifiques. On put dès lors établir le calendrier cosmique La Voie Lactée aurait commencé son existence le 1er avril et le système solaire le 9 septembre. L’évolution darwinienne des espèces se déroulerait dans la seconde moitié de décembre avec par ordre d’entrée en scène :
En ce qui concerne l’homme, tout se passerait le 31 décembre en fin de soirée :
Avec le Big Bang, si Dieu retrouvait une place très convenable, l’Homme était de nouveau repoussé dans un rôle mineur, n’apparaissant que durant un instant ridiculement petit de la grande histoire universelle. Cependant le Big Bang avait le mérite énorme d’expliquer les 90% de vide qui constituait l’univers. En montrant que les galaxies se fuient les unes les autres au fil du temps, Edwin Hubble démontrait l’agrandissement, l’expansion de l’univers et la place de plus en plus importante du vide. Pourtant, on dit bien que la nature a horreur du vide… |
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