"Disons donc qu’il y a SEPT jardins dans l’enclos du Bon Pasteur ; ils se succèdent en occupant, hélas ! un nombre d’ouvriers de plus en plus petit, tandis qu’augmente en sens inverse la difficulté du travail et sa complexité. " (Sédir 1871-1926)


Le sapin de Noël
Laissez verdure !
mercredi 15 décembre 2004

par Célestin Valois


"Mon beau sapin roi des forêts que j’aime ta verdure ! "
Le sapin c’est le triomphe du vert. Comment ne pas rendre hommage à ce grand roi dont la parure se recouvre de neige en hiver ? Il résiste à tous ses frimas comme s’il voulait nous dire que la vie ne décline qu’en surface soumise au cycle du sommeil saisonnier tout comme l’âme est prête à renaître après qu’une vie se soit arrêtée dans l’immaculée blancheur neigeuse de l’apparente mort.

Il n’est point caducifolié cet arbre magique de Noël et si je songe au fait que le mot caduque est repris dans le jargon juridique pour désigner une loi périmée, l’arbre de Noël représente bien le Christ, Axis Mundi, la loi qu’on ne peut pas changer à savoir la loi d’Amour qui ne passera pas comme le dit St Paul. Nos frères Hindous parleraient du Sanathana Dharma, la Loi Cosmique Eternelle.

Le culte des arbres, on le sait nous vient des Celtes et il était basé sur le cycle lunaire. Le 24 Décembre était la fête de la renaissance du Soleil et l’épicéa était donc vénéré à cette date. La naissance du Christ n’a été choisie le 24 Décembre que tardivement, dans le calendrier des saints, cette date était celle d’Adam et Eve, l’arbre devient donc celui du paradis terrestre aussi on le pare de pommes rouges. La tradition arrive en Europe par l’Est, Bâle, l’Alsace, au XIIe siècle, on retrouve à Riga au XVIe siècle un arbre décoré avec des roses, symboles de Marie. Ceci peut nous donner des idées de déco originales, non ?

Mais je redeviens naturaliste, le sapin n’est pas l’épicéa, si, comme lui, il appartient au grand ordre des conifères. On le distingue par deux lignes blanches sur l’épine. Notre roi des forêts, comme tout roi qu’on respecte, il faut prendre de la hauteur pour le rencontrer, au-dessus de 500 m. Si le mot sapin à une racine, si j’ose dire, gauloise et non latine ou grecque dans la langue française, c’est bien qu’il devait s’en trouver un très grand nombre en Gaule tout au moins dans les régions à relief.

Ce sapin je vais sans doute lui confier la garde de ma dépouille humaine, je dois donc commencer à m’habituer à lui. Aurai-je jamais plus fidèle compagnon ? Dans le trépas, c’est lui qui me gardera jalousement, exclusivement. Pourtant je serai ailleurs, comme je l’aurai toujours été au cours de ma vie, ailleurs et cependant toujours là tout de même, pour ceux qui m’auront aimé. Mais si vous le voulez bien, ne soyons pas aujourd’hui trop tristes et nostalgiques ni trop royalistes, ce qui est la même chose.

Le roi sapin n’est pas seul dans la grande fraternité des arbres. Certes chaque tronc se tient isolé des autres, et les arbres contrairement aux hommes qui s’agglutinent savent pousser sans se gêner, ils se font de l’ombre sans litiges, car, si chacun se tient en lui-même dans sa droiture individualiste, ils se tendent tous les branches dans une chaîne fraternelle pour former cette voûte de verdure qui court sur les terres du levant au couchant.

La déforestation de la planète est l’un des plus graves problèmes que l’homme provoque dans son environnement. Je ne peux oublier cela dans ma méditation. Le sapin n’est pas le plus menacé dans l’immédiat puisque c’est le sud qui souffre le plus de ces dégâts provoqués par l’avidité commerciale d’une part et la pauvreté d’autre part.

St Bernard disait que l’on apprend plus dans une forêt que dans les livres, mais les hommes ne savent plus apprendre à écouter ce que disent les forêts et les bois où Dieu parle. Ils ne savent plus parler à Dieu dans les forêts où Dieu leur répond.

Je tiens à évoquer ici les " bois de mon cœur ". Le premier est en Bretagne, c’est la forêt de Paimpont, haut lieu de genèse de la légende arthurienne, notre grande épopée occidentale dans laquelle le celtisme et le christianisme ont été harmonieusement mariés. L’autre est une forêt du Tamil Nadu en Inde du Sud, sur les bords du fleuve Kauvery, celle dans laquelle Henry Le Saux et le Père Monchanin ont ouvert le chemin de rencontre entre le christianisme et l’hindouisme en fondant l’ashram du Shantivanam, ce qui veut dire, " Le Bois de la Paix ". Quelques lieux en ce monde où les arbres aident encore les hommes à parler avec Dieu...

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> Le sapin de Noël
7 janvier 2005

Cher Célestin

Depuis la lecture de cet article je cherche ce que veux dire ce titre donné ."Laissez Verdure !"
Je n’avais pas que ça en tête mais j’y pensais de temps en temps et me disais :
"Ce sacré Célestin nous joue encore un tour et je sais ce que c’est, mais c’est quoi ?"
Et puis ça m’est venu ce matin à l’esprit comme une flèche décochée dans mon moi conscient par l’arc du souvenir des Lettres françaises.
C’est le mot de la fin de Georges Sand.
Laissez verdure !
Ah Oui ! Bicentenaire oblige !
Le chercheur Balzacien ne peut méconnaître le "camarade" à qui nous devons sans doute la plus surprenante Thébaïde du XIX e siècle à Nohant.
Pour aimer la nature... Sand aimait la nature.
Ne disait -elle pas ?
"Nous sommes de la nature, dans la nature, par la nature, et pour la nature. La talent, la volonté, le génie, sont des phénomènes naturels comme le lac, le volcan, la montagne, le vent, l’astre, le nuage."
On dirait une phrase de Balzac. Alors je me demande si Célestin vous n’avez pris ce titre en pensant à la technique d’art plastique qui va passionner Georges à la fin de sa vie ,les dendrites.
C’est une pierre arborisée c’est à dire une surface minérale sur laquelle l’image fossile d’un végétal est imprimée.
En art plastique cela devient une technique visant à créer des formes chromatiques aléatoires en projetant des tâches de couleurs qui sont ensuite travaillées par découpages puis c’est repris au pinceau pour obtenir une peinture à la gouache ou une aquarelle.
C’est assez extraordianire.
On a pu en voir certaines à l’exposition du Musée de la Vie romantique rue Chaptal dans le 9e à Paris l’an dernier.
J’ai une amie qui est artiste peintre, elle n’habite pas loin, nous avons passé une bonne après midi grâce à Georges que nous admirons toutes les deux.

Amélie


> Le sapin de Noël
15 décembre 2004, par Abd Al Haqq

Merci pour ce beau sapin !
Mais l’abre vert est aussi celui des initiations dans les religions à mystères cf Isis et Osiris... Confier sa dépouille mortelle à ce symbole c’est un gage d’éternité...

Fraternellement
Abd Al Haqq


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