"Nous comprenons pourquoi les enfants ont peur de l’obscurité... mais pourquoi les hommes ont-ils peur de la lumière ?"
Proverbe chinois



L’Ermite
La Lumière dans le Tarot
vendredi 29 décembre 2006

par Marciel

Ah ! Te souviens-tu, mon âme, comme nous étions joyeux. Le bateleur en toi avait lancé ses dés et montré devant nous la voie toute droite tracée. Après un long périple solitaire, méconnaissant ta présence je négligeais de chercher à rallumer en moi, du Verbe Créateur, une braise fossile et préférais le feu aventureux de combats belliqueux et de conquêtes faciles.

Ainsi, suivant l’invitation à suivre la grande ourse, tu n’avais pas porté grande attention à mes penchants coupables et avais pris le pari de me savoir capable de vertus. Nous avons, ensemble avec étonnement, soulevé le voile du miroir et découvert, en notre être, la présence lumineuse des mystères de la foi. Alors, poussés par la ferveur du croyant, nous voulions apporter, à tous, le message du divin rédempteur et du vivant sauveur.

- Ecoutez mes amis ! Vous qui êtes vaillants dans ce monde de tourments, consacrez un moment au seul recueillement, à la simple prière, au service des autres. Dieu en vous sera des plus reconnaissants.
- Regardez compagnons de fortune ! Ce pauvre fou à l’esprit égaré voudrait nous convaincre de croire que nous sommes, ici-bas, de simples marionnettes et qu’une vie plus réelle et plus belle nous attend en abandonnant aux pauvres nos riches habits de soie.

A vouloir partager notre découverte du soi, nous avons failli perdre toutes traces du chemin et croire, à la fin, que la vie est issue de l’infini néant.

Tu m’avais ramené, par ta force intérieure, vers ceux qui dans le silence se joignent en la prière du cœur. Alors reprenant la voie de la sagesse, avec ferveur et intelligence, nous avons fait le choix de mener notre char en prenant bien garde de ne pas se laisser entraîner sur l’un des deux côtés, matériel ou mystique, pour ne pas, sans même s’en rendre compte, se mettre, comme un papillon attiré par la lumière, à ne tourner qu’en rond. Ainsi, poursuivant, entre le glaive et la balance, nous avons après quelques nouvelles errances, décidé, toi et moi, de chercher en nous la vérité d’une démarche humaine consacrée à la divinité. Cette lumière intérieure, telle une lampe voilée, doit être protégée avant que de pouvoir à d’autres se révéler.

Reprenant notre quête, mettant à profit l’absence de toute crainte, nous avons choisi, par une plus grande solitude et un retrait apparent du monde, de fortifier en nous la flamme de la présence de l’esprit saint des maîtres au service des hommes. La pensée vivifiée par nos marches en forêt, armé d’un robuste bâton pour éviter de chuter sur les pierres du chemin que sont nos préjugés, nous percevons en une permanente et paisible méditation la vision éclairée des grands textes sacrés. Comblé de ta chaleur intérieure, l’esprit, éveillé aux contacts sublimes des sphères de lumière, puise en ces années de pleine liberté la connaissance des grands mystères de l’Etre.

Alors, la voie ouverte, il y a déjà longtemps, par le feu allumé de ce jongleur acrobate du merveilleux, nous reprendrons la route, conscients des multiples dangers de nos passions humaines. Heureux, de nouveau, d’explorer tous les pôles possibles de notre personnalité avant que de trouver, guidés par une étoile plus brillante pour nous dans la nuit étoilée, le couple espéré dans la vérité de l’amour manifesté à la lumière éclatante du jour. Mon âme souviens-toi du chemin parcouru. Et, le temps venu, n’oublie pas de me soumettre aux épreuves très concrètes de l’attrait du pouvoir et du sexe qui demeure en chacun de nous au plus profond de nos pensées les plus secrètes.

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L’Ermite
10 mars 2008, par Isha

J’ai beaucoup aimé ce texte – il semble qu’il y ait bien des joyaux dans le cœur solitaire des Baladins !

Il y a bien longtemps maintenant que l’Hermite et moi cheminons ensemble , moi avec le bâton et lui avec sa Lumière à demi cachée , m’invitant à continuer à le suivre.

Je l’ai rencontré un jour l’entendant me murmurer

« viens, n’aies pas peur, suis-moi ; Je suis le secret de la vie et je suis là pour t’y introduire. Je suis le secret de ta vie . Je suis la Lumière qui brille dans les Ténèbres. Je suis la Terre qui t’a enfantée et qui sans cesse étend ses bras sur ses Enfants, je suis le vent qui la caresse pour qu’elle respire et aussi l’eau qui l’abreuve, qui comble sa soif et qui la féconde ; je suis le feu qui la réchauffe et qui la purifie ; je suis ce rocher qui n’en finit pas de se rappeler que tu as toujours été et je suis venu pour te le dire »

Je me souvins alors de la parabole de la lampe dans Marc « « est-ce que la lampe paraît pour qu’on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? n’est-ce pas pour qu’on la mette sous le lampadaire ? car il n’y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n’est demeuré secret que pour venir au grand jour »

D’avoir lu ce texte me le confirme. Il y a comme ça des petites parcelles de Lumière qui scintillent pour l’œil averti, et qui invite à poursuivre un voyage où le temps n’est plus inscrit.

J’ai souvent interrogé : Qui es-tu donc, Vieil Homme à la Lampe, Gardien du seuil et des Secrets ?

L’Hermite en levant sa lampe a montré un chemin où le regard se perd dans l’Infini d’un monde intérieur qui n’en finit plus de solliciter le voyageur. Plus loin, encore plus loin, toujours plus loin … et pourtant en même temps si loin de ce point lumineux qui d’un seul coup s’agite pour qu’on ne s’égare pas et pour que du fond de la caverne du cœur, la prière à nouveau monte, dans un élan que rien ne peut retenir. L’âme sait et connaît la Lumière que rien ne peut jamais éteindre –

Oui ce chemin est un chemin solitaire, qui fait fuir le bruit et les agitations, les langages des savoirs bruyants – et pourtant nous sommes dans ce « dehors » qui n’est pas le « dedans » et le mystère de cette Lumière qui brille dans cette main qui s’élève vers le haut, réside peut être dans le contraste ainsi vécu.

Cela me fait penser à l’instant à cette si belle pensée de St Augustin que je vais oser dire : « Tard, je t’ai aimée Beauté si antique et si nouvelle, tard je t’ai aimée. C’est que tu étais dedans et moi dehors où je te cherchais ; en me ruant sans beauté vers ces beautés que tu as faites. Tu étais avec moi et moi je n’étais pas avec toi »

Merci cher Ermite, d’avoir ainsi laissé filtrer, cette si belle Lumière, juste le temps à nouveau de la percevoir., mais s’il te plait , ne demande pas d’épreuves trop concrètes, elles viennent facilement d’elles-mêmes , il vaut mieux je crois rester dans la louange.



Site : l’Ermite

L’Ermite
4 mars 2008, par Neuf

"Je n’arrive pas à traduire ce sentiment, les mots me manquent, mais je sais que ce qui est important pour un homme ordinaire l’est aussi pour le Trappiste dans sa cellule. C’est de s’aimer soi-même, de savoir Aimer et de se savoir Aimé... !"
El Pélégrino


L’Ermite
4 mars 2008, par André

Au milieu de Paris je me suis fait ermite

Au milieu de Paris je me suis fait ermite,
Dedans un seul objet mon esprit se limite,
Quelque part où mes yeux me pensent divertir
Je traîne une prison d’où je ne puis sortir,
J’ai le feu dans les os et l’âme déchirée
De cette flèche d’or que vous m’avez tirée.
Quelque tentation qui se présente à moi,
Son appas ne me sert qu’à renforcer ma foi.
L’ordinaire secours que la raison apporte
Pour rendre à tout le moins ma passion moins forte,
L’irrite davantage, et me fait mieux souffrir
Un tourment qui m’oblige en me faisant mourir,
Contre un dessein prudent s’obstine mon courage
Ainsi que le rocher s’endurcit à l’orage.
J’aime ma frénésie et ne saurais aimer
Aucun de mes amis qui la voudraient blâmer,
Aussi ne crois-je point que la raison consente
De m’approcher tandis que vous serez absente.
J’entends que ma pensée éprouve incessamment
Tout ce que peut l’ennui sur un fidèle amant,
J’entends que le Soleil avecque moi s’ennuie,
Que l’air soit couvert d’ombre, et la terre de pluie,
Que parmi le sommeil des tristes visions
Enveloppent mon âme en leurs illusions,
Que tous mes sentiments soient mêlés d’une rage,
Qu’au lit je m’imagine être dans un naufrage,
Tomber d’un précipite et voir mille serpents
Dans un cachot obscur autour de moi rampants.
Aussi bien, loin de vous une vie inhumaine
Sans doute me sera plus aimable et plus saine,
Car je ne puis songer seulement au plaisir
Qu’une mort ne me vienne incontinent saisir.
Mais quand le Ciel lassé du tourment qu’il me livre,
Sous ton meilleur aspect m’ordonnera de vivre,
Et qu’en leur changement les Astres inconstants
Me pourront amener un favorable temps,
Mon âme à votre objet se trouvera changée,
Et de tous ces malheurs incontinent vengée.
Quand mes esprits seraient dans un mortel sommeil,
Vos regards me rendront la clarté du Soleil.

Auteur:Théophile de VIAU


L’Ermite
28 février 2008, par Vignesh

"Ceux qui vivent dans des attachements mondains dans ce monde matériel, vivent dans la confusion et l’incertitude. Je peux voir qu’ils sont incapables de prendre une décision claire au sujet de quoi que ce soit.C’est parce qu’ils sont totalement dépendants de la vie matérielle. Ils pensent que les choses triviales qui donnent un plaisir corporel leur apporteront un bonheur sans commune mesure.Une fois qu’ils auront appris que le véritable amour, les pensées de paix et les saines valeurs spirituelles leur ont été données par le Divin, ils réaliseront que rien n’est permanent à l’exception du merveilleux Amour Divin..../ L’apparence extérieure du monde peut avoir changé mais ce n’esr rien d’autre qu’un château de sable construit par un enfant. Comprenez que la vérité et les pensées divines restent jeunes et fraîches et vivent pour toujours ;les cinq éléments en sont la preuve.Réalisez ceci et soyez toujours heureux." Swami Premananda


L’Ermite
27 février 2008, par El Peregrino

A propos des tentations inévitables qui semblent poser problème à certain d’entre nous, je relève ce paragraphe dans la Philocalie (écrits fondamentaux des pères de l’Eglise)

…C’est ainsi qu’au VIe siècle, au désert de Gaza, le « Grand vieillard » Barsanuphe établit un « contrat » avec son disciple Dorothée que tourmentait le péché de chair : que Dorothée ne se soucie plus de celui-ci, c’est une faute que Barsanuphe prend sur lui, mais qu’il renforce sa relation avec le Christ par l’exercice de l’humilité, de la charité, de la prière confiante, de l’humble service au prochain. Ainsi fut fait, et le cœur du disciple se transforma et par là, peu à peu, toute sa vie. C’est pourquoi la Philocalie ne s’arrête jamais aux observances, aux pratiques, à « œuvre extérieur », mais insiste avant tout sur l’éveil de «  l’homme intérieur », la prise de conscience du « royaume de Dieu en vous, le trésor caché dans le champ du cœur »…
Nicodème l’Hagiorite.


L’Ermite
26 février 2008, par Célestin

D’abord une phrase de paix :
"Sois comme la fleur, épanouis-toi librement et laisse les abeilles dévaliser ton coeur !"
Ramakrishna

Salut à Marciel, EL Pélegrino Abba.
Hier soir dans une émission TV sur le rire et les femmes nous avons eu le "zapping" vu par le divin Raymond Devos. Devos la fusion de Dios et de Deva, je m’abandonne sans restriction à son humour car il ne me fera jamais rire de façon dangereuse. En l’écoutant j’ai pensé à ce débat. Il est, le pauvre, piégé entre le film "Thérèse" sur une chaîne et Emmanuelle sur une autre.
Il y a une autre phrase de Ramakrishna où il compare le disciple non plus à la fleur mais à l’insecte, le disciple mûre est alors l’abeille, elle ne se pose que sur le nectar, le disciple de moindre degré est comparé à la mouche passant de la fleur aux matières moins nobles, la mouche elle, zappe. Or la technologie qui fait aller les choses si vite, qui est si permissive en un sens, est un risque. L’histoire de Devos est magistrale. C’est presque aussi profond que les méditations de Pascal sur les deux infinis. Et c’est un rire libérateur, salvateur qui nous en vient.



Site : Zapping

L’Ermite
24 février 2008, par Abba

C’est bien si ce texte apporte douceur et sérénité à EL Pelegrino. Il est remarquablement écrit. Pourtant pardonnez-moi car la fin me pose problème. Comment peut on se réjouir d’apporter le message du divin rédempteur alors qu’on l’inverse ???
La prière dominicale demande à Dieu de ne pas être tenté. Il faut être fou pour demander à Dieu s’ être tenté et là ce n’est plus l’ermite avec son exemple d’ascèse mais le fou qui par je ne sais quel tour de passe- passe est venu troubler le jeu. Cet article n’est alors pas à mettre à l’actif des Baladins. Il stigmatise au contraire une dérive possible, celle du jeu et du divertissement, on se laisse emporter par un style et on aboutit à des contre vérités sans s’en rendre compte.


L’Ermite
21 février 2008, par El peregrino

Voilà l’exemple d’une perle que je retrouve dans le coffre sans serrure que nous offrent les Baladins de la Tradition… Il nous faut de temps en temps nous y plonger pour y retrouver des connivences douces au cœur et à la raison.
Le plus étonnant c’est que ce beau texte ne fut l’objet d’aucun commentaire… Mais réflexion faite comment en serait-il autrement avec un ermite… ! Il ne reste pour qui la parole est inutile, qu’une communication du cœur … Alors l’homme prend conscience de l’éternelle solitude et quand enfin elle est acceptée la sérénité s’installe. Reste la crainte de cet orgueil d’être persuadé que tout est simple quand son Amour semble nous guider… …
Ah, ce plonger dans un Amour incommunicable… !
Nous ne vivons que pour ces instants numineux, le reste du temps nous attendons.
El peregrino


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