"Dieu est la lumière des cieux et de la terre"
Sâhib ul-mathal al-a'là
Qu'à Dieu, l'Unique, appartienne le symbole suprême de la Lumière !
« A l'instar de la lumière, qui change de nom mais non de réalité, l'essence de Dieu et son Etre sont Un ;
son être et l'être de l'univers sont un, l'être de l'univers et l'univers sont un ! »
Dans une église, un jour, je dis à une jeune fille chrétienne :
« Bien-aimée, toi qui a pris mon cœur au piège !... Combien de temps auras-tu la honte de voir trois dieux au lieu d'Un seul ? »
Elle ouvrit ses lèvres de miel et me répondit :
« Si tu connais vraiment le secret de l'Unité divine, tu ne dois pas nous taxer d'impiété.
Dans trois miroirs, la Beauté éternelle a reflété son visage éblouissant. La soie ne devient pas trois étoffes, que tu appelles parniand, hârir ou parand ! ».
"Sa lumière est comparable à une niche où se trouve une lampe"
La Lumière divine « niche » dans le cœur de l'homme, en son centre secret,
réceptacle de la foi et de l'amour qui le guide.
De même que le souffle de l'Esprit Saint, insufflé en Marie, lui a fait concevoir l'enfant divin,
(Coran 21, 91) de même, « lorsque la Parole de Dieu (kâlam-al-hâqq) pénètre dans le cœur de quelqu'un et que l'inspiration divine emplit son cœur et son âme, sa nature est telle qu'en lui est produit un enfant spirituel (walad ma'nawî).
L'appel de Dieu octroie à quiconque le reçoit ce qu'il a octroyé à Marie ».
"La lampe est dans un verre ; le verre est semblable à une étoile brillante."
« Il est des cieux, dans le royaume de l'âme, qui gouvernent les cieux de ce monde ».
Dans ces cieux, l'homme est une étoile brillante.
S'il est devenu transparent comme le verre, accueillant comme le verre, la lumière de Dieu est en lui.
Il devient la coupe où se désaltèrent ceux qui sont dans l'ivresse de Dieu.
Etoile, il guide tous ceux qui Le cherchent.
« Nous sommes la harpe, et c'est Toi seul qui joues sur nos cordes. »
"Cette lampe est allumée à un arbre béni : l’olivier qui ne provient ni de l’Orient, ni de l’Occident..."
La lumière de la foi s'adresse à tous les croyants, quelque forme que prenne cette croyance.
« Mon cœur devient capable de toutes les images :
Il est prairie pour les gazelles, couvent pour les moines,
Temples pour les idoles, Mecque pour les pèlerins
Tablettes de la Thorah et livre du Coran
Je suis la religion de l'amour, partout où se dirigent ses montures,
L'amour est ma religion et ma foi »
"...et dont l’huile est près d’éclairer sans que le feu la touche."
La connaissance illuminative est cette « l'huile qui éclaire sans que le feu ne la touche ».
Un jour, que se passe-t-il ?
Une trouée dans le quotidien d'un être : une peine, une joie, provoquent un séisme intérieur. D'un seul coup, le temps s'arrête.
Une sensation de plénitude, de grâce et de paix, un sentiment d'amour partagé pour tout l'univers créé et la certitude intime de l'Unité submergent l'être.
Sa croyance n'est plus la « foi » simple, elle est un vécu personnel que rien ne peut plus réfuter ou infirmer.
Celui qui a fait cette expérience spirituelle unitive sait qu'il n'y a qu'une vérité.
C'est là le Premier Appel.
"Dieu guide vers sa lumière qui il veut..."
Je suis proche, en vérité.
Quand mes serviteurs t'interrogent à Mon sujet ;
Je réponds à l'appel de celui qui m'invoque, quand il m'invoque (Coran II, 186)
Celui qui l'a reçu sera aspiré par l'Appel. Il devient un « désirant ». Il n'aura de cesse de parvenir à contempler Celui qui lui a donné le bonheur de traverser le voile.
« Bien-Aimé, allons vers l'union...
Allons la main dans la main,
Entrons en la présence de la Vérité,
Qu'elle soit notre juge
Et imprimons son sceau sur Notre union
à jamais »
"Lumière sur lumière"
Lumière sur lumière, « lumen de lumine», gloire à Toi au plus haut des cieux !
Dieu, au plus haut des cieux, siège dans le Jabarût, le monde des pures intelligences.
De nombreux voiles s'interposent entre Lui et ceux qui sont animés d'amour éperdu, et aspirent à être absorbés dans la contemplation divine.
Celui qui persévère dans la voie tracée par son maître, qu'il soit le sheikh des soufis, ou l'Archange Gabriel, l'Ange/Esprit-Saint, il saura accéder au monde intermédiaire (le malakût), le monde de l'âme et des révélations spirituelles, le monde des théophanies.
Son cœur comprendra ce qui lui est révélé.
« ...Je restai ébahi, stupéfait, je m'avançai vers lui.
Je m'inclinai devant lui jusqu'à terre, et j'étais pour ainsi dire anéanti dans la lumière qu'il irradiait.
Il me dit « Courage ! Maintenant tu dois retourner à la prison terrestre,
car les entraves, tu n'en es pas complètement dépouillé ».
Lorsque j'entendis ces mots, ma raison s'envola.. Je criai et suppliai.
Il me dit ...« Je vais t'annoncer deux bonnes nouvelles. La première, c'est qu'une fois retourné à la prison, il te sera possible de revenir facilement vers notre paradis, quand tu le voudras.
La seconde, c'est que tu finiras par être délivré totalement.. »
"Dieu propose aux hommes des paraboles. Dieu connaît toutes choses"
« Lis le Coran comme s'il n'avait été écrit que pour toi ».
Le monde est le miroir de Dieu. Toute image du monde est une évocation de Dieu. L'Essence ne se révèle que sous la forme de la prédisposition de celui qui reçoit cette révélation. Le monde spirituel est infini, comment des mots finis peuvent-ils l'atteindre ?
« Quelle est cette mer dont la parole est le rivage ?
Quelle est cette perle qu'on trouve dans les profondeurs ?
L'être est l'océan, la parole est la rive
Les coquilles sont les lettres,
Les perles, la connaissance du cœur...»
De même que Dieu te connaît et que tu te connais en Lui,
La mer immense de son amour est égale à la mer immense de l'amour que tu portes à tes frères humains.
***
Avec, par ordre d'entrée pour leur participation au commentaire des versets de la Lumière : Aminour, Hamzah Fansûri, Hâtef Isfahânî, Rûmî, Sanâ'î, Ibn Arabi, Mehdi bel Maati, Sohravardî, Mahmûd Shabestari.