Thérèse de Lisieux : 1890 à 1895
vendredi 27 septembre 2002

par Dazur


Ce texte est extrait d’une étude sur "Thérèse de Lisieux"
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Le 20 octobre 1890, Thérèse écrit à Céline pour sa fête et conclue ainsi : "Céline, il me semble que le Bon Dieu n’a pas besoin d’années pour faire son oeuvre d’amour dans une âme, un rayon de son coeur peut en un instant faire épanouir sa fleur pour l’éternité !..."

Thérèse pousse une porte qui la mènera bientôt hors des bâtiments tristes et vétustes de la spiritualité chrétienne de cette fin de XIXe siècle.

Cinq ans après son entrée au Carmel, elle s’essaie à la poésie. Elle dira vers la fin de sa vie à un correspondant "Ces pauvres poésies vous révéleront, non pas ce que je suis, mais ce que je voudrais être."

Janvier 1893, sa soeur aînée, Pauline, devient par élection Mère Agnès, Prieure du Carmel. Souvenons-nous que Thérèse est pour elle la toute petite fille privée de mère à quatre ans qu’elle a élevée. C’est elle l’aînée, c’est elle qui sait et qui doit guider. La spiritualité de Mère Agnès est toute de son siècle et elle ne comprendra pas grand chose à l’immense ouverture de l’âme de Thérèse. C’est elle qui publiera ses écrits peu de temps après sa mort. C’est elle qui s’autorisera en cette circonstance et en bien d’autres puisqu’elle vivra jusqu’en 1951, à corriger dans les manuscrits de Thérèse les fautes d’orthographe, de syntaxe et surtout, ce qu’elle estime être des fautes de ... mystique chrétienne. Elle fait ainsi plus de 7000 corrections dans le seul manuscrit autobiographique de Thérèse.

Le personnage mièvre que le grand public a en tête quand on parle de Thérèse de Lisieux est tout entier l’oeuvre de Mère Agnès. Il est bon de le savoir et, pour connaître Thérèse, de se laisser guider par Thérèse seule tout en se souvenant que, comme les plus grandes âmes elle s’adapte à chacun et lui parle un langage qu’il comprend. Ainsi, elle s’adressera toujours à Mère Agnès avec un langage tout enfantin.

Mais n’accablons pas la nouvelle Prieure du Carmel de tous les maux. Elle a l’immense mérite d’avoir incité Thérèse à écrire. Dès son élection, elle commence, en certaines circonstances, à lui demander d’écrire quelques poésies et récréations pieuses qui seront lues, chantées ou mises en scène pour fêter les grands événements de la communauté.

La première récréation pieuse qu’elle écrit en janvier 1894 s’intitule "La Mission de Jeanne d’Arc". Elle jouera le rôle de Jeanne... et fait dire à l’archange Saint Michel en conclusion : "Jeanne d’Arc, entends nos voeux, Une seconde fois, sauve la France !!! ..."

Dans une lettre à Céline, l’on sent son être s’ouvrir encore. De plus en plus, elle aime à commenter et à citer le Cantiques des Cantiques. "Comment donc pourrions-nous chanter les cantiques du Seigneur sur une terre étrangère ?… depuis longtemps nos harpes sont suspendues aux saules du rivage, nous ne saurions nous en servir !... Notre Dieu, l’hôte de notre âme le sait bien, aussi vient-Il en nous dans l’intention de trouver une demeure, une tente VIDE au milieu du champ de bataille de la terre. Il ne demande que cela et Lui-même est le Musicien Divin qui se charge du concert... Ah ! si nous entendions cette ineffable harmonie, si une seule vibration parvenait à nos oreilles !..."

Janvier 1895 - Les carmélites assistent à une nouvelle récréation pieuse écrite par Thérèse : "Jeanne d’Arc accomplissant sa Mission". Thérèse à nouveau joue le rôle de Jeanne. On a très peur ce soir-là car au moment de la scène du bûcher, le décor prend feu et il faut bien vite l’éteindre...

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