Thérèse de Lisieux : 1895 et 1896
1895-1896
vendredi 27 septembre 2002

par Dazur


Ce texte est extrait d’une étude sur "Thérèse de Lisieux"
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En octobre 1895, Mère Agnès demande à Thérèse de devenir la soeur spirituelle d’un jeune séminariste qui désire être missionnaire et qui demande l’appui du Carmel.

1896 - Mère Agnès n’a pas été réélue. Le Carmel de Lisieux est à nouveau sous le priorat de Mère Marie de Gonzague qui comprend mieux Thérèse et les tournants spirituels qu’elle a pris. Toute la communauté se prépare aux fêtes de Pâques. Thérèse va connaître en ce vendredi saint la grande épreuve des âmes qui sont prêtes à la vivre.

Alors qu’elle était jusque-là inondée de grâces divines qu’elle se sentait "guidée, inspirée, éclairée par Jésus". La voilà subitement plongée dans une nuit obscure.

"Je jouissais alors d’une foi si vive, si claire, que la pensée du Ciel faisait tout mon bonheur, je ne pouvais pas croire qu’il y eût des impies n’ayant pas la foi. Je croyais qu’ils parlaient contre leur pensée en niant l’existence du Ciel, du beau Ciel où Dieu Lui-même voudrait être l’éternelle récompense. Aux jours si joyeux du temps pascal, Jésus m’a fait sentir qu’il y a véritablement des âmes qui n’ont pas la foi, qui par l’abus des grâces perdent ce précieux trésor, source des seules joies pures et véritables. Il permit que mon âme fût envahie des plus épaisses ténèbres et que la pensée du Ciel si douce pour moi ne soit plus qu’un sujet de combat et de tourment... Cette épreuve ne devait pas durer quelques jours, quelques semaines, elle devait ne s’éteindre qu’à l’heure marquée par le Bon Dieu et ... cette heure n’est pas encore venue ... Je voudrais pouvoir exprimer ce que je sens, mais hélas je crois que c’est impossible. Il faut avoir voyagé sous ce sombre tunnel pour en comprendre l’obscurité."

En même temps, Thérèse commence à vomir du sang. La tuberculose, pulmonaire d’abord, puis intestinale ensuite, a commencé son oeuvre.

La nuit obscure de Thérèse est rarement mentionnée. Cette partie de sa vie ne cadre pas très bien avec la pureté enfantine que Mère Agnès se plaira à promouvoir.

Thérèse ne s’ouvre qu’à Mère Marie de Gonzague qui, seule peut comprendre et qui seule saura pendant des mois et le combat et la maladie de Thérèse.

Et plus Thérèse s’enfonce dans l’obscurité plus elle va affirmer dans tous les actes de sa vie, dans tous ses écrits une confiance totale en son Divin Époux. Elle semble alors incarner pleinement la seconde partie de son nom de religieuse qui est si peu connue et si importante pourtant pour comprendre Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.

Elle écrit en août 1896 sa consécration à la Sainte Face.

"Le plus petit mouvement de pur Amour est plus utile à l’Eglise que toutes les autres oeuvres réunies... Il est donc de la plus haute importance que nos âmes s’exercent beaucoup à l’Amour, afin que se consommant rapidement elles ne s’arrêtent guère ici-bas et arrivent promptement à voir Jésus, Face à Face..."

A ce moment, la Prieure lui confie un autre jeune prêtre qui part pour les Missions. Thérèse, il y a quelques mois a caressé le voeu de partir pour Hanoï où une fondation carmélite vient d’avoir lieu. Sa maladie ne permettra pas que son départ soit envisagé. Mais elle se sent toute proche de ses frères missionnaires.

Elle compose alors un poème dont voici la cinquième strophe :

"Si du Guerrier j’ai les armes puissantes
Si je l’imite et lutte vaillamment
Comme la Vierge aux grâces ravissantes
Je veux aussi chanter en combattant
Tu fais vibrer de ta lyre les cordes
Et cette lyre, ô Jésus, c’est mon coeur !
Alors je puis de tes Miséricordes
Chanter la force et la douceur
En souriant je brave la mitraille
Et dans tes bras, ô mon Époux Divin
En chantant je mourrai, sur le champ de bataille
Les Armes à la main !..."

Pour lire la suite : "Thérèse de Lisieux : juin 1897"

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