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Un lys pour Blanche, pour Lylia ou pour Lou ?
vendredi 7 décembre 2012

par Arkhghan


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Dimanche 18 Décembre 2011, Café du Grand Colombier, Paris.

Arkghan : Merci Blanche de venir encore bavarder. Nous allons parler aujourd’hui de votre premier roman « Pourquoi pas le silence ? » Mais si vous le voulez nous pourrions aborder avant cela un concept très hautement spirituel, à la source de toute expression voire religieuse ou spirituelle il y aurait ce qui a été défini comme la « Tradition Primordiale » dont le nom de Melchisédech est le terme emblématique quoiqu’il soit plus ou moins bien compris par les diverses traditions religieuses...

Blanche de Richemont : Maintenant pour moi, après un long chemin, après l’Inde, il y a la Tradition Primordiale, sans dogme qui me semble beaucoup plus proche de l’Hindouisme. Pour moi c’est l’Hindouisme qui va me mener vers Melchisédech. C’est beaucoup Vijayananda qui a permis cela. On grandit quand même avec des codes qu’on ne peut pas remettre en cause ; c’est pour cela que Mâ et Vijayananda encourageaient à rester dans sa religion parce que notre inconscient est totalement imprégné. Donc on ne peut pas remettre en cause totalement. La Tradition Primordiale ne force pas du tout à ça parce que le Vedanta n’est pas du tout dogmatique. On peut être chrétien catholique et servir le Védanta. C’est une sorte d’éclosion de notre propre tradition. Moi je ne suis pas du tout revenue au catholicisme mais la Tradition Primordiale est ce vers quoi je me tourne désormais. Melchisédech n’est pas du tout reconnu par les juifs orthodoxes. La tradition juive vient d’Abraham et qu’Abraham puisse s’agenouiller devant Melchisédech, cela les choque ; qu’Abraham s’agenouille devant un non circoncis c’est un choc énorme pour eux.

Arkghan : Et pourtant, celui qui s’impose à Abraham, le détenteur de la Tradition Primordiale on ne sait pas trop d’où il vient, C’est un Cananéen, ou est d’un peuple qui n’est peut être même pas monothéiste.

Blanche de Richemont : Oui, on ne sait pas d’où il sort, on ne sait rien. Qu’Abraham s’agenouille devant un non circoncis dont on ne sait rien alors que la lignée c’est très important chez les juifs... Les catholiques eux le reconnaissent.

Arkghan : Parce que St Paul a fait le lien avec l’ordre de Melchisédech et le Christ. Dans votre roman "Harmonie" en tout cas vous nous entraînez dans un niveau purement initiatique car l’harmonie c’est le niveau de l’éveil, celui de la purification alchimique. Tout le monde ne peut pas prendre ce train là et ce n’est pas une question de bagage intellectuel mais d’orientation de conscience. Mais votre premier roman "Pourquoi pas le silence" est plus directement accessible. Venons-y. Je sais qu’il touche beaucoup la jeunesse. Il est classé dans les dix meilleurs romans de la rentrée 2008 par le Figaro Littéraire.

Blanche de Richemont : Vous avez certainement déjà rencontré des jeunes dans le profil de mes personnages. Vous savez que les adolescents lisent beaucoup ce livre. Ils s’y reconnaissent.

Arkghan : Même des adultes peuvent se reconnaître dans ce livre ...

Blanche de Richemont : Oui parce que les questions qu’a Paul, nous les avons toute notre vie.

Arkghan : Mais vos deux romans « Harmonie » et « Pourquoi pas le silence » sont très liés car la situation de Paul est un non-sens. Paul a beaucoup de chance. Il sort avec la plus belle fille du lycée, il a « tout pour être heureux » selon la formule que vous dénoncer à juste titre comme terrible dans votre essai « Éloge du désir » » et pourtant son histoire est celle de la perte du sens. Son amie Camille est non seulement jolie mais sympa. Elle l’accepte tel qu’il est, ne lui demande pas de se changer ni d’avoir à jouer un rôle. Et pourtant rien ne pourra sauver cet albatros, grand amateur de poésie, qui meurt de son incapacité à trouver le sens. Donc ce roman semble creuser tout ce qui va s’écrire en plein dans le suivant. De plus nous avons abordé la question de la mort lors de l’entrevue de novembre et vous disiez que votre histoire fait que vous avez un rapport à la mort particulier. Paul, c’est votre frère ?

Blanche de Richemont : Ce sont en effet les questions de Paul, donc de mon frère qui préparent la recherche du sens et je le dis d’ailleurs dans mon prochain livre qui sera publié en mai « Manifeste vagabond ». Ce sont les questions de mon frère avec lesquelles j’ai grandi car il a toujours été comme ça mon petit frère. Ces questions m’ont forcé à trouver des réponses. Dans « Manifeste vagabond » je pars de sa mort alors que « Pourquoi pas le silence ? » se termine par sa mort. A la question « est-ce que la vie ne sert à rien ? » j’ai voulu répondre : « Moi je vais te montrer qu’elle vaut le coup ». La grande sœur Lou dans ce roman, elle a goût à la vie. Intimement je sais que la vie a un sens mais il n’est peut-être pas dans ce que la vie nous propose au quotidien. Il faut chercher peut-être ailleurs. C’est cet ailleurs là qui peut nous sauver. Je pense qu’il aurait été auprès de Vijayananda à 14-15 ans, je pense qu’il aurait pu être sauvé. Moi je pense que cela aurait sauvé mon frère. A la fois son karma et mon karma l’on fait passer par cette rupture radicale pour nous éveiller nous à la juste voie. Depuis la mort de mon frère, je me suis totalement séparée du catholicisme. J’ai toujours cherché le spirituel,mais j’allais dans les églises pas forcément pour écouter les prêtres car ils n’arrivaient pas facilement à me captiver, c’était un rapport très charnel à ces lieux pas aux dogmes. Après la mort de mon frère, je n’arrivais plus à entrer dans les églises. Quand j’allais à la messe tout ce que j’entendais me révoltait mais vraiment profondément. Pour moi, mon monastère c’était le désert. Toute ma spiritualité se situait là.

Arkghan : Ce que l’on ressent en lisant le roman : Paul a eu comme une mission sacrificielle.

Blanche de Richemont : Exactement, c’est un passeur.

Arkghan : Et il va aller jusqu’au bout.

Blanche de Richemont : Parfois il faut ces ruptures radicales, elles sont nécessaires ; Beaucoup de gens pourraient être sauvés, si on sortait de soi, mais il faut rencontrer les bonnes personnes et s’éveiller à cette dimension là.

Arkghan : Quelques questions au fil de la lecture de ce premier roman. « Maman m’a souvent répété que l’éphémère nous marque pour toujours. » L’éphémère, un mot qui revient très souvent dans votre bouche ou sous votre plume. Comment situez vous l’éphémère par rapport au détachement ?

Blanche de Richemont : Pour moi tout est éphémère et rien ne l’est. En un certain sens les joies comme les peines sont éphémères à moins qu’elles ne se situent à un autre niveau, un niveau d’âme. Tout est éphémère parce que tout passe, ce qui nous force au détachement. A quoi cela sert d’être enlisé, emprisonné dans la matière alors que tout passe ? Les vraies relations ne se positionnent pas pour moi dans le temps, ni dans la matière ni dans la vérité physique mais dans une autre réalité. Pour moi les personnes, les rencontres sont essentielles, sont éternelles. Elles vous accompagnent jusqu’à votre mort parce que, même si vous n’y pensez pas, elles laissent une trace.

Arkghan : Et cela passe par un éphémère accepté ?

Blanche de Richemont : Pour moi l’éphémère... tout est éphémère sauf les liens d’âme qui vous marquent pour toujours et vous êtes le fruit de cette rencontre peut être sans vous en rende compte. Par exemple vous pouvez avoir rencontré un sage, sa présence physique est éphémère mais il vous a marqué pour toujours et le lien est éternel et vous êtes le fruit de cette rencontre. Cela peut arriver pour un sage, pour une très grande histoire d’amour mais aussi pour quelqu’un qui vous a fait du mal, qui a pu paraître très peu de temps et a laissé des marques négatives à votre insu ; on a besoin de l’éphémère comme support et puis on passe à un autre niveau.

Arkghan : Ce support se sont aussi les livres, je cite un passage de votre premier roman : « Cesse de chercher les clés dans les livres » Là c’est Lou la sœur de Paul qui lui dit de prendre ses leçons dans la vie. Comme Paul, et puisque que êtes écrivain philosophe, vous avez un rapport aux livres très fort.

Blanche de Richemont : Oui, mais les livres ne peuvent pas compenser la vie pour moi. C’est-à-dire que les livres viennent comme un soutien, une confirmation. Après huit ans de philosophie, je viens de loin, mais je crois de plus en plus que l’intellect nous sépare de la vie. A trop intellectualiser le monde on se sépare de sa sève. D’abord il faut entrer dans la vie, et ensuite on peut avoir un support, un éveil, une réponse, une solution dans un livre qui vient en contrepoint après avoir été d’abord dans la vie. Si je n’ai pas été plus loin dans mes études de philosophie c’est parce que j’avais l’appel de la terre, de la vie, je ne voulais pas rester dans l’intellect et dans les livres. Après cela on peut revenir au livre mais d’abord revenir à la terre. Arkghan : Et même la mer éventuellement ? Le personnage du père dans votre roman est marquant. Lorsqu’il demande à Paul de venir l’aider à sauver les gens en perdition c’est bien sûr pour sauver son fils mais si Paul avait accepté, est ce que cela aurait pu marcher ?

Blanche de Richemont : Je crois que tout est toujours possible, on ne sait jamais. Je crois pourtant que le père connaissait la réponse mais la vie est tellement pleine d’inattendu. Pourtant cet épisode révèle encore plus le « gap » entre le père et le fils. Et à la fois on comprend le père qui a envie de partager ce qui est essentiel pour lui avec son fils. Mais le fils n’a pas vraiment envie de rentrer dans l’essentiel de son père. Son essentiel peut se situer ailleurs. Les mères, elles enfantent. Pour elles, le lien il est charnel, il est évident. Mais le père pour se retrouver dans son enfant a besoin de s’identifier, qu’il aime les mêmes choses que lui, qu’ils soient dans le même chemin. Le lien, il doit le créer et se dire « oui on aime la même chose, c’est mon fils, c’est ma fille. J’ai voulu montrer toute la projection qu’il peut y avoir d’un père sur un fils et le poids que cela peut être pour un fils. Le besoin pour un père d’avoir un lien avec son enfant sur le même langage mais il n’a pas facilement le même langage.

Arkghan : Et alors c’est presque le contraire qui se produit, car Paul en allant jusqu’au bout de sa logique va faire bouger tout son entourage y compris son père, p. 96 celui-ci va remettre en cause sa vision de la vie qui semble si ce n’est élitiste en tout cas très exigeante. Il dit à son fils : « Est-ce vraiment obligatoire d’être exceptionnel ? Tu nous fais revoir toutes nos cartes. »

Blanche de Richemont : Je pense qu’il n’y a pas une seule famille qui peut connaître la souffrance d’un père et la souffrance d’un enfant sans remettre en cause toutes les valeurs qui les ont constituées ; la souffrance est faite pour ça d’ailleurs, elle est faite pour nous forcer à revoir toutes nos cartes. C’est toujours un éveilleur pour moi la souffrance.

Arkghan : Je reviens au roman « Pourquoi pas le silence ? » Les scènes dans le square des Batignolles m’ont semblé si vivantes que c’est sans doute un lieu important pour vous. Dans votre vie parisienne. Est-ce que ce square est un repère pour vous comme pour Paul et Lou ?

Blanche de Richemont : Oui il m’arrive de passer des nuits dans ce square. Chaque fois ce sont des moments magiques, je le dis dans le roman. C’est un espace naturel épargné par les hommes au milieu de la ville. J’en parle beaucoup dans mon prochain livre ; j’y parle du recours aux forêts de Jünger dans son « Traité du rebelle ». On a besoin d’avoir recours aux forêts, j’en ai besoin dans la ville où je souffre de ne pas avoir de connexion avec la terre, avec les arbres. J’en ai absolument besoin. Là je suis gâtée parce que j’habite au 8e étage en plein ciel, je peux voir les oiseaux voler tous les matins or je souffre de ne pas avoir de connexion avec la terre. Cela me sauve, me permet de tenir à Paris, ce qui est une grâce, d’autant que je vais être beaucoup plus à Paris maintenant que je vais avoir un bébé. Du coup je peux m’accrocher au ciel parce que je vois les oiseaux voler. Un parc épargné par les hommes au milieu de la nuit, c’est une sorte de cabane, de cabane naturelle, de refuge.

Arkghan : C’est un peu la cabane de D.H. Thoreau ?

Blanche de Richemont : Comme je viens de déménager, je n’ai pas encore trouvé de cabane, je me trouve déracinée de cabane. Justement dans mon « Manifeste vagabond » j’espère qu’il va vous plaire, je parle beaucoup de Thoreau, c’est une référence à laquelle je reviens toujours. Depuis que j’ai 18 ans j’ai toujours eu une cabane dans Paris quelque part. Je n’ai plus de cabane, il faut que je la retrouve mais je vais la retrouver.

Arkghan : Paul recherchera, sans pouvoir la saisir, une intensité. Saisir l’intensité c’est tout ce que vous faites, vous dans votre vie et dans votre écriture.

Blanche de Richemont : Ma réaction a été de dire : « Tu n’as pas voulu vivre eh bien je vais vivre pour deux.

Arkghan : C’est ce que Paul tente envers Max !

Blanche de Richemont : Voilà, donc c’est le transfert, vous l’avez détecté très bien. Pour avoir grandi avec un petit frère qui n’aimait pas la vie même avant sa mort c’est cela qui peut être a réveillé cette fibre là quand j’étais jeune.

Arkghan : Je cite : La mort de Max a tout changé. Je vais défier la mort en vivant plus fort.

Blanche de Richemont : Voilà c’est ce que j’ai ressenti le jour même de la mort de mon frère, c’était ma réponse immédiate. J’étais dans une bulle de rêve avant, cela m’a obligé à entrer dans la réalité. Ma chambre, j’écrivais sur les murs, je créais de la lumière. J’avais créé un espace, déjà une cabane mais par le rêve. La mort de mon frère m’a obligée à mettre tout cela dans la réalité. Il n’y avait qu’un mot : douleur. Il fallait que je dise non ce n’est pas que de la douleur ! Il y a peut-être autre chose.

Arkghan : Ce que j’ai trouvé très beau dans vos essais quand vous parlez de la souffrance, ce n’est pas que vous n’acceptez pas la douleur mais vous refuser comment dire ...

Blanche de Richemont : D’y rester.

Arkghan : D’y rester, voilà. Vous refusez de vous installer dans le malheur.

Blanche de Richemont : Pas tel quel.. parce qu’il est inévitable, mais je refuse d’y laisser ma peau. Vous aurez lu mon prochain livre avant de le lire parce que je vous raconte tout. C’est-à-dire qu’à notre époque, ce n’est pas du tout à la mode d’être comme ça. Dans la religion catholique, il faut rester dans la souffrance parce qu’avec les larmes on est sauvé et avec la culpabilité. Et dans notre société, on est soit disant totalement dans la transgression mais pas du tout. Mais c’est pareil, c’est très à la mode quand on écrit des livres : je me drogue, la vie c’est horrible, je suis en errance, je suis un naufragé, je suis un torturé, c’est très à la mode. Souffrir est beaucoup plus à la mode que de vouloir être heureux.

Arkghan : C’est vrai je suis d’accord avec vous alors que l’on peut trouver une véritable philosophie du bonheur dans vos écrits, en pleine lumière en dépassant les contradictions illusoires et les dualités. La société contemporaine occidentale a perdu dans sa culture la spiritualité du christianisme mais a gardé les écorces mortes et structures mentales se complaisant soit dans la souffrance soit dans la culpabilité.

Blanche de Richemont : Exactement on a perdu le souffle et gardé les écueils. Parce que quand vous lisez Victor Hugo, même dans la noirceur, l’ombre, il y a un souffle spirituel...l’ombre y a un tel souffle que tout est dépassé, hissé à un niveau supérieur. Tandis que nous on raconte l’ombre mais dans l’errance dans la complaisance comme vous dites. Il n’y a que le souffle qui porte.

Arkghan : Ce qui me frappe dans vos écrits encore c’est que la pensée, la vie anticipent, priment sur la parole.

Blanche de Richemont : A propos des mots, du Verbe, de la pensée. Pour moi c’est la méditation qui m’a amené à cela. Il n’y a pas un mot qui ne passe d’abord par ma chair. De plus mon chemin c’est d’être dans l’unité parce qu’il n’y a pas de séparation entre la tête et le corps. Les idées passent d’abord par le corps, peut être par les actes vous l’avez dit mais d’abord par le corps pour pouvoir les écrire. C’est le fruit d’un passage de la tête à la peau, c’est charnel. Vous disiez tout à l’heure que les clés ne sont pas que dans les livres. Il faut lire, lire, lire et puis tout oublier pour garder la sève. L’intellectualité peut être brillante mais tomber dans l’ennui. J’ai besoin d’être touchée physiquement.

Arkghan : J’ai apporté ce lys qui attend de vous être offert depuis un moment. Compte tenu de l’importance de cette fleur dans vos romans je me suis dit que vous devez les apprécier. En effet le lys pour le prénom de votre héroïne dans « Harmonie ». Lylia veut dire le Lys et aussi « ce qui m’appartient est à Dieu », votre enfant peut être est à Dieu ... Ce sont des lys que Paul apporte sur la tombe de Max dans le roman dont nous parlons aujourd’hui.

Blanche de Richemont : En effet, il est beau, j’en prendrai soin, merci.

Arkghan : Blanche d’où venez vous en littérature, qui vous a influencée ?

Blanche de Richemont : Ce qui m’a le plus marqué en littérature ? Il y a d’abord un recueil qui m’accompagne toute ma vie, qui est toujours sur ma table de chevet et m’accompagne dans tous mes voyages c’est " Les Fleurs du mal ». C’est pour moi la base. Après c’est Jack London surtout Martin Eden qui est pour moi une sorte de révélateur...Isabelle Eberhartd aussi.

Arkghan : Qui est l’un de vos portraits dans « Les passions interdites ».

Blanche de Richemont : Oui mais elle, c’est ma sœur d’âme, cela a été un choc en fait ma rencontre avec ses textes. Pourquoi ? Parce qu’il y a une spiritualité charnelle, une spiritualité de la terre qui est pour moi la seule voie. La première voie en tout cas ma voie. Jack London, Isabelle Eberhardt, Charles Baudelaire, Victor Hugo, qui est un très très grand maître, infini. Et à un autre niveau, ce sont des textes qui me parlent très fort : Tout Romain Gary, c’est peut être moins puissant mais dans « Les racines du ciel » il donne un aperçu sur l’âme et sur l’homme que peu ont pu entrevoir. Barbey d’Aurevilly aussi, ce sont des repères que j’ai. Il y a aussi quelqu’un tellement présent que je ne le nomme même pas c’est Hermann Hesse. Je le relis, j’en ai en double et je passe mon temps à en donner autour de moi.

Arkghan : Cela ne me surprend pour aucun de vos choix et encore moins pour Hesse qui, comme vous, était à la recherche d’une réconciliation de l’esprit et de la chair, d’une spiritualité incarnée.

Blanche de Richemont : Je suis en train de lire sa biographie en ce moment qui est absolument passionnante. On apprend énormément sur son œuvre. « Hermann Hesse le magicien » de Jacqueline et Michel Sénès … vraiment c’est puissant. Toute son œuvre est lumineuse, un vrai refuge, c’est une vraie rencontre qui m’accompagne.

Arkghan : Le roman « Siddhartha » a joué un rôle dans votre découverte de l’orient ?

Blanche de Richemont : Pas du tout. Siddhartha je l’ai relu il y a quelques mois, je l’avais lu il y a très longtemps. L’appel de l’Orient, cela s’est imposé, mais il n’y a pas eu de livre déclencheur. Peut-être que si mais à ma connaissance cela a plutôt été un mûrissement ayant passé par le désert avant d’aller vers une autre spiritualité qui me tourne vers l’Orient.

Arkghan : Et Antoine de Saint-Exupéry ?

Blanche de Richemont : Oui mais Saint Saint-Exupéry j’y suis arrivé assez tard. « Terre des hommes » c’est sublime. « Le Petit Prince » évident, c’est infini, mais cela n’a pas été un choc, cela n’a pas été un de mes maîtres à la base. Je l’ai accompagné, j’ai été proche de lui, j’ai lu des biographies, mais cela n’a pas été aussi puissant que Hesse, London ou Hugo. Isabelle Eberhardt est plus spirituelle dans « A l’ombre chaude de l’Islam », Hugo est enivrant et Jacques London avec « Le vagabond des étoiles » est éminemment.

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Un lys pour Blanche, pour Lylia ou pour Lou ?
9 décembre 2012, par Enguerrand

Quelle belle rencontre Blanche et Arkghan ,deux êtres visiblement spirituels et littéraires, qui nous font partager leurs échanges pour notre plus grand plaisir,comment ne pas les remercier vivement,et leur souhaiter bonne route ...vers l’Unité ...où nous nous retrouverons tous chers Baladins de la Tradition.


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